Apparation(s)

APPARITION(S)

L’Etre vint au monde. Le monde étant advenu lui-même du néant. Annihilation du vide en son séant. Apparitions de l’Etre dans toute sa splendeur écarlate. Le non –être n’est pas et ne peut se dire écrivait Parménide dans son poème. La complexion se fait sans oraison funèbre. L’Etre apparu par inadvertance sans aucune stance. Sans rythme ni rime, le poème de l’existence se fit silence. Silence nocturne et diurne. Apparition de la vie dans ce qu’elle a de plus affriolant ; même les noctambules s’entichent de l’être E majuscule. L’être apparu se fit de plus en plus complexe et cette complexité se fit densité de l’Etre.

Le  discours sur l’Etre se fit ontologie. Mot magnifique pour dire l’étant, les tropes et l’être. Sans compter la métaphysique ;  la métempsychose laissa la place à l’osmose cosmique. L’être apparu sous sa forme la plus limpide : l’existence, phase éphémère et sempiternelle à la fois. Etat paradoxal de l’être-pour –la mort (dasein), le retour à soi comme aphasique : les mots ne sortent plus de ma bouche mais s’extériorisent par l’écrit. Le poème dithyrambique prend la mesure de l’être – au –monde qui n’est pas seulement un enfant. La nativité nous montre qu’il ait un dieu parmi les hommes, un destin fabuleux pour s’enorgueillir de l’apparition suprême de l’Etre –pour – la - mort. Finitude exhalée au quotidien, pour nous montrer que par habitude on croit la liberté acquise.

Apparition de l’Etre cataclysmique. Le monde est né dans un chaos imprescriptible et la lumière fut nous dit la Gènèse. Génétiquement renfrogné sur lui-même, l’Etre n’est plus  ce qu’il était – étant lui-même, Etre au présent. Il se présentifie lui-même comme phénomène du monde. Distinct du fantasmata il est ce qu’il est : être et ne pas être – ils ne sont pas antinomiques ni contradictoire à première vue. Il est sentiment cosmique et tragicomique : l’existence du n’être pas. Le néant permet de penser l’être au – delà de l’avoir. Avoir été c’est être à tout jamais dans le présent. Présent passé et présent futur sont des contingences historiques que prédéterminent l’être pour soi et l’être en soi. Pas de mauvaise foi en définitive. Je n’ignore pas qu’être c’est avoir été et devoir être encore.

Apparition de l’être c’est en quelques sorte prendre conscience  de ce que je suis sans y penser, mais penser ce que je suis c’est affirmer son être ici et maintenant dans le présent. Présent noumènal a son infinité. Cette infinité est congruente : son être-pour-la-mort. Cette confusion devrait motiver les plus acharné des égotistes pour qui l’illusion réside dans l’abnégation de soi et de son égo.

Apparition de l’être au monde, maternité fugace où le sentiment de toute puissance frise avec la compossibilité du quant à soi. L’être apparaît dans le monde, quand le monde nous apparaît à l’horizon. Horizon lointain et pourtant si proche, et si l’on tentait une approche naïve je verrai alors le bas monde comme une immondice que tout à chacun ignore et veut ignorer en refoulant cette idée.

Fabien Rogier dans Inclassable.
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