Au zoo.

Dans un zoo quelque part en Europe…

Le singe : « Je vous sens tendus ces derniers temps, j’ai pensé faire un tour de table histoire de décompresser et recueillir les propos de certains copains du zoo ».

Le serpent : « Tu vas avoir des problèmes à tout le temps sortir de ta cage, tu fais comment au fait ? »

Le singe : « Si je te le dis, je devrais te tuer... »

Le serpent : « Je peux pas être plus mort qu’ici, donc… »

Le singe : « Je crochète la serrure. »

Le serpent : « Digne d’un humain. »

Le singe : « Dont je suis le fidèle ancêtre, d’après dard win. »

Le serpent : « Darwin, tu veux dire. »

Le singe : « Ouais ! Le mec à la théorie aussi fumeuse que la version officielle des attentats du 11 septembre. »

Le serpent : « N’empêche que la théorie évolutionniste se porte comme un dard. »

Le singe : « Tu parles d’une embrouille. »

Le serpent : « Et la banane ? »

Le singe : « C’est le reste de mon lunch. Elle fera office de micro. »

Le serpent : « Et tu croques dedans à l’occasion ! Tsss. »

Le singe : « Mélangeons boulot et le plaisir, ça ne peut que faire du bien. »

Le corbeau (sur la branche d’un arbre) : « Je commencerai bien la petite interview.»

Le singe : « Ta gueule le corbac, t’es même pas un résident toi ! »

Le corbeau : « Mais je suis un animal. Kaa kaa.»

Le serpent : « Il a raison. Tsss. »

Le singe : « T’es un animal en liberté ! Et puis, c’est quoi cette façon de croasser ? »

Le corbeau : « C’est comme ça qu’ils croassent les corbeaux en hindi.»

Le singe : « T’es quoi au fait ? Un Gandhi façon piaf ? »

Le corbeau : « Si on veut. »

Le singe : « Pour ouvrir le bal, je vais tendre ma banane à notre ami d’Amérique, il est blanc comme un navet, il fait plus de deux mètres de long pour un poids net de cinq cents kilos. Son allure peut paraitre tout à fait avenante. Mais méfiez-vous. Derrière cette apparence angélique, se cache un redoutable carnaaaaaassier sanguinaaaaaaire aux griffeeeeees noireeeeees et acéréeeeees. C’est le plus grand carnivore, avec l’ours kodiak, qui foule actuellement cette terre. Il figure tout au sommet de la chaine alimentaire. Faut dire qu’il est loin d’être blanc comme neige ! Alors mon coco, pas trop chaude l’eau de la piscine monsieur l’ours polaire ? »

L’ours blanc (dubitatif) : « Je ne sais pas ce qui me sidère le plus. Me retrouver à mille lieux de ma zone géographique naturelle, dans un endroit paumé au milieu de nulle part, dans un bled où je n’aurais jamais pu mettre les pieds, même en rêve ; ou me faire interviewer par un macaque. Remarque que toi et moi, dans un monde qui fonctionne à peu près normalement, on ne se serait jamais croisé ! »

Le singe (vénère) : « Saleté de nazi ! Espèce de sale raciste ! »

Le serpent : « Tsss. Holla ! Calmos, l’ami. Pourquoi tu t’emportes. Pourquoi tu le traites de nazi ? »

Le singe (toujours vénère) : « T’es sourd ou quoi ? Il vient de me traiter de macaque, ce skinhead blanc. »

Le corbeau (goguenard) : « Mais tu es un singe. »

Le singe (encore plus vénère) : « Connard !!! Je suis un Tamarin à manteau noir ! Je suis un singe d’Amérique ! Les macaques vivent en Afrique et en Asie ! Je n’y ai jamais mis les pieds ! Merde ! »

Le corbeau : « Vous tirez tous la même tronche, comment vous distinguez. »

Le serpent : « Reprenons nos esprits, messieurs, un peu de tenu ! Voyons ! » 

Le singe : « Je me suis cru, l’espace d’une minute, dans la peau d’un homme ! Black qui plus est ! »

L’ours (hilare) : « Et puis pourquoi c’est le singe qui doit faire cette interview ? »

Le corbeau : « Oui pourquoi lui ? »

Le serpent : « Tsss, Tsss. »

Le singe : « Je vais vous dire pourquoi ! Parce que tout simplement je peux me tenir sur deux pattes. Hu ! Hu ! »

Le corbeau : « Ça je le fais sans problème. Tiens je te le fais même avec une seule patte. »

Le serpent : « Pas folle la guêpe. »

Le corbeau (sur une patte) : « What else ? »

Le singe : « Je peux me gratter les couilles. »

L’ours blanc (sur une patte, se grattant les couilles) : « Comme ça ? »

Le serpent : « Tsss. »

Le singe : « Je joue de la flûte et de l’accordéon. »

Le corbeau : « Il a fait fort. »

Le serpent : « Ça oui ! »

Le singe : « Et aussi parce que je suis juif ! »

Le corbeau : « Mort de rire. »

Le singe : « Tu es bien indien toi ! »

L’ours blanc : « M’EN FOU MOI, JE SUIS PRO-PALESTINIEN. »

Le serpent : « Faut reconnaître que notre ami le singe a un coup d’avance, cette interview sera donc la sienne ! »

Le corbeau : « Mouais ! » 

L’ours (effacé) : « Bof ! »    
     
Le singe (altier) : «  Je vous le fais pas dire. »

L’ours blanc : « Pour revenir à cette sombre histoire de piscine. Elle sent la pisse. Ils changent rarement l’eau. Alors tu vois moi j’ai l’habitude de me soulager dans la flotte…»

Le corbeau (nauséeux) : « Dégueulasse. »

Le singe : « Dixit le mec qui becquette les dépotoirs… »

Le corbeau : « Ta gueule le chimpanzé ! »

Le singe : « Oiseau de malheur ! »

Le serpent : « Laissons finir notre ami l’ours. »

L’ours blanc : « De là où je viens, c’est même un rituel, on le fait tous. Les rivières ça coule tout le temps et c’est propre. »

Le singe : «  Je vois… »

L’ours blanc : « Puis il y a ces visiteurs qui te balancent de la nourriture. Ils jettent souvent des croquettes pour chiens. »

Le serpent : « Alors raconte c’est comment. Ça a l’air bon. »

L’ours blanc : « Infecte leur truc. C’est tellement mauvais que ça devrait s’appeler crotte-quette pour chien. Imagine, ils donnent ça à bouffer au « meilleur ami de l’homme. »

Le corbeau : « Kaa kaa. Putain de sa mère. »

Le singe : «  Pourquoi t’es là, le reptile ? »

Le serpent : «  Il paraîtrait que je serais le serpent le plus venimeux au monde. Mon venin serait 25 fois plus toxique que celui du cobra et 100 fois plus mortel que celui du crotale diamantin. »

Le corbeau : « Délétère ! Quelle dangereuse bestiole. »

Le singe : « Imagine la dangerosité de la bête qui retient en captivité ce type de bestiole. »

Le corbeau : « C’est quoi ton nom à toi le serpent ? »

Le serpent : « Je suis un Taïpan du désert. Je ne vis que dans quelques zones arides de l’Australie. Au sud et au Nord. »

Le corbeau : « Bouffe ce macaque, je crois que les petits mammifères c’est ton trip ! »

Le serpent : « Je donne plus dans les petits oiseaux. »

Le corbeau (sautant sur une branche plus haute) : « Il faudra penser à te mettre à la diète… »

Le serpent : « Ce froid va finir par me tuer. Les cons, ils ne comprennent pas ça. »

Le singe : « J’appelle maintenant un animal venu tout droit de la province du Sichuan. Un animal unique en son genre. Il vient de Chine et dans la langue de ce pays, son nom signifie : grand chat-ours. J’appelle le Panda géant. »

Le panda : « Qu’est-ce qu’on s’emmerde ici ! »

Le corbeau : « Vous faites une belle équipe les gars. Un singe d’Amérique du Sud, un panda d’Asie, un ours d’Amérique du Nord. Comment appelez ça ! »

Le singe : « Appelle ça la mondialisation ! »

Le corbeau : « Pour la première fois, je suis d’accord avec le macaque. »

Le singe : « S’ils le pouvaient, ils allaient croiser le panda avec l’ours. Genre, mettre ensemble un  Maasaï avec une Viking… »

Le panda : « Y a plus une seule branche de bambou, dans ce satané zoo. À place, ils nous filent du bois. Je vais finir dépressif, c’est sûr ! »
 
La girafe : « Kilimandjaro ! Kilimandjaro ! »
 
Le corbeau : « Qu’est ce qu’elle a la perche dégingandé. »
 
Le singe (accourant jusque sa cage) : « C’est le code ! »
 
Le corbeau : « C’est quoi ce code de pédé ? »
 
Le singe : « C’est le signal annonçant la venue d’un des gardiens du zoo. »
 
Le serpent : « Kilimandjaro ? »
 
Le singe : « C’est la plus haute montagne d’Afrique. »
 
Le serpent : « Pour un mec qui n’a jamais mis les pieds en Afrique tu as l’air d’en connaitre un rayon. »
 
Le singe : « La culture mon ami ! La culture ! Bisou ma grande. »
 
Moi : « Faut que j’arrête de prendre cette dope ! Elle est carrément HAL-LU-CI-NAN-TE ! »

Le singe : « N’oublie pas de m’en laisser un peu la prochaine fois. Si y a prochaine fois… »

Mahad dans Inclassable.
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