Balade dans ma mémoire.

J'écris depuis plus de dix ans, j'écris ce que j'appelle "Balade dans ma mémoire", source inépuisable de ce que nous pensions avoir enfoui ... Mais peu à peu tout remonte à la surface... Il suffit de creuser un peu. En voici le préambule.                                                          
                                                          Telles des gouttes d'eau, les lettres s'amoncellent...
                                                          Formant les petits ruisseaux, puis les grandes rivières
                                                          Où puisent-elles leurs sources ? ...                                                                                                       
                                                                                        Préambule…
Écrire ce que nous savons…Oui c’est facile, car tout est dans la tête ! … Dans nos fichiers personnels, le concret de notre vie enfoui dans notre mémoire. Si l’on considère que le passé est le livre de notre existence, donc déjà écrit, il suffit de raconter ce que l’on a vécu.
On pourrait imaginer, de lire dans notre passé, de laisser notre réalité, nous dicter ce qui nous a construit…
Du moins semble-t-il, jusqu’au moment de passer à l’acte !... Par quoi commencer ? Comment le dire ?
Pas facile…Surtout si l’on considère, le temps rigide s’écoulant sur des rails…Bien sûr il suffit de le remonter, grâce à la mémoire…Mais il est difficile de résister à la tentation, de s’arrêter dans toutes les gares…  

Puis il y a sa propre version, l’interprétation et l’émotion qui ont forgé notre philosophie personnelle.  Le sentiment a tant de choses à raconter… A défricher dans le lointain, pourtant si proche. C’est l’autre mémoire, celle de la vision du cœur…D’aujourd’hui, mais aussi celle de l’enfant…  Tout cela n’est pas déjà écrit, il faut chercher à l’intérieur, trier ce que l’on veut exprimer, gratter un peu…
On ne peut pas parler de soi, en écartant la famille, l’entourage. Là c’est plus délicat, il est difficile de se balader dans sa mémoire, sans exprimer ce que l’on ressent et surtout faut-il tout dire ?
Bien sûr il y aussi le concret, tout ce qu’il reste lorsque le dernier parent disparaît. La réalité du passé qui veut parler, mais resterait silencieuse, si personne ne prend le temps de l’écouter. De souffler sur la poussière accumulée depuis tant d’années…Afin, d’aider nos descendants à savoir, à comprendre par quelle voie ils sont arrivés dans leur présent…  

                                                                   Le brassage du passé…

C’est ainsi qu’à la suite du décès de ma Mère, survenu le vingt octobre deux mille trois, il a fallu vider la maison. Ce ne fut pas une simple affaire… Meubles, linge, vêtements, photos, vieux papiers…Tout était là…La vie quotidienne brusquement s’était figée…  Attendant notre décision, notre jugement !...
Après le : - « Qu’est-ce qu’on fait, on le garde ? ... » Le problème était de trouver une solution, une place, un rangement, de classer…etc. Trier et transporter toute une vie, dont nous faisions partie. L’associer, ou plutôt la mélanger à la nôtre, commencée ailleurs depuis plus de vingt ans, est une épreuve dans l’existence.
« Merci mon épouse, pour ton précieux soutien et ta très large participation. Une fois de plus tu as su être là… »
Tout revient à la surface, le livre de la vie est là…On ne peut pas l’oublier…
Il n’y a pas un coin, ou objet dans toute la maison qui soit resté muet durant cette épreuve.
Quand ce n’est pas une vieille photo retrouvée, qui hurlait dans la mémoire, au fond d’un tiroir et transperçait le cœur…  
A force de gorge serrée et d’efforts autant physiques que psychologiques, l’autre étape a été la mise en ordre de tous les papiers de la famille. Pénétrer ce monde que j’avais côtoyé, dans le désintéressement de mes yeux d’enfant…Cela équivaut à une deuxième naissance…  

Je dois dire, qu’après un travail de longue haleine, je suis assez satisfait du résultat.
En effet, cela m’a permis de connaître un peu mieux mes géniteurs, mes aïeux, leur existence. L’impression de les apprécier et les comprendre mieux, parfois de les découvrir.
Je me suis passionné, à travers les vieilles cartes postales et lettres de faire un voyage dans le temps, « leur temps devrais-je dire, leur quotidien ». Aujourd’hui tout est en ordre, soigneusement rangé dans des classeurs et peut être consulté.
Cela me sert par recoupement tel un puzzle, à rédiger avec exactitude le passé de notre famille, qui finalement est aussi le nôtre… Avec je dois l’avouer, une petite idée derrière la tête…
Et si un jour, dans un avenir lointain…Si des fois, j’étais parti pour longtemps…
Quelqu’un ajoutait sa « balade dans la mémoire», à la mienne…
Cela peut être rédigé par plusieurs membres de la famille chacun de leur côté, qui par la suite, pourrait l’adjoindre à ce premier document !... Il fallait commencer, il suffit de continuer… Son suivi, pour remonter le temps rendra le chemin plus court et moins fastidieux…            

Noel Turo dans Inclassable.
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