De l’importance culturelle de la religion ?

En cette période des fêtes que nous venons de passer, la religion, bien que de plus en plus discrète, est belle est bien présente. Et tout au long de l’année elle s’invite au gré des fêtes, des saints et des cérémonies.

Elle se glisse dans toutes les maisons à Noël au sein de la crèche, cette petite scène charmante et désuète que l’on place entre deux cadeaux sous le sapin. Son importance est plus ou moins grande sel'on les pays. Elle se trouve plus ou moins mêlée aux croyances populaires et profanes. L’Espagne,  à cet égard, conserve bien plus de traditions que nous autres, pauvres gaulois.

Prenez la ville de Séville : les églises, silencieuses et accueillantes, y sont innombrables. Elles rayonnent d’or et d’argent, les colonnes et les façades en sont peintes et ornées, le Christ, sombre et douloureux, surplombe ces scènes grandioses, et la vierge… la vierge inonde ces lieux sacrés de sa splendeur et de sa joie. Parfois elle pleure, parfois elle rit, toujours elle rayonne et dispense autour d’elle un luxe fou et presque vertigineux. Ce n’est pourtant qu’un prélude à la fameuse procession, où son éclat apparait dans toute sa pureté. Les croyants viennent baiser sa main de cire ou de bois. Les facultés chantent le 7 décembre la vierge immaculée lors de la Tuna ; les Rois Mages distribuent aux enfants bonbons et présents sur des chars de carnaval le 5 janvier. L’Espagne est la nation d’une religion sereine et présente, sans être envahissante ; une religion qui dispense une beauté multiple et douce par toute la ville, et le sentiment réconfortant d’appartenir à une communauté d’êtres humains.

Prenez Édimbourg à présent : la religion y survit sur la base d’un paradoxe. La crise des vocations fait que les églises se voient contraintes de changer de rôle. Elles sont vendues à des particuliers qui les rénovent et les entretiennent… à leur sauce. On trouve ainsi de plus en plus d’églises-bars, d’églises-hôtels, d’églises-discothèques. Cela exclue-t-il la religion pour autant ? Non. Elle survit paradoxalement par le blasphème que ne manquent d’évoquer tous ces lieux anciennement consacrés et déchus de leur rôle originel.

Et en France ? Il s’agit d’un entre-deux. A Paris certaines églises gardent de leur ancienne splendeur, s’exhibent et s’égrainent en tant qu’œuvres d’art sur les boulevards et le long de avenues. Mais en province, elles sont vides et grises. On les conserve sans leur prêter attention. Elles s’écroulent tout doucement.Quelques blasphèmes leur feraient peut-être du bien.

Pourquoi parler des églises et de la religion ? Même si l’on ne croit pas, la religion a une importance culturelle. Elle véhicule des histoires sans nombre et constitue la clé d’interprétation de tant d’œuvres et d’écrits. On oublie notre histoire. On l’oublie. On s’oublie.

C’est peut-être dommage.

Absurdités de la Vie dans Inclassable.
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