Extrait -1- de « Balade dans ma Mémoire » …

                                                           Clin d’œil du Passé…

J’ai retrouvé mes souvenirs, jusqu’alors rangés au fond de ma mémoire et de mon cœur. J’ai renoué avec le passé, qui me faisait le clin d’œil…Je suis retourné seul, aux endroits ou Papa et moi nous nous évadions. … Les yeux fermés les images défilent, je reviens en arrière…

Ah oui, je me rappelle !...
Papa et moi étions assez complices, nous allions ramasser des pissenlits, des champignons.
Enfant je le suivais lorsqu’il allait à la chasse. J’avais alors la haute responsabilité de porter le casse-croûte et le gibier, du moins s’il n’était pas bredouille. Ce qui ne tracassait pas beaucoup mon Père, car pour lui l’essentiel était de prendre l’air…Il avait besoin de : « faire le plein de liberté », avant de retourner le lendemain s’enfermer dans son bureau… Lui disait : « en prison ». Je pense que c’est la seule contrainte, à laquelle il ne s’est jamais habitué… Il disait souvent :
- « A la retraite, si j’y arrive, nous retournerons dans les Pyrénées et je garderais mes moutons ! ... »
Le destin en a décidé autrement, il est décédé à cinquante-sept ans, des suites de la guerre (1939- 1945).  Il était parvenu, à nous faire espérer nous aussi…

Un jour, alors que lui et son chien chassaient le gibier, tous deux étaient désabusés, se plaignant de l’absence de celui-ci. L’un, résigné, s’était réfugié dans un silence, qui en disait long, l’autre, progressait la truffe au ras du sol, en gémissant. J’eus envie de manger des mûres… Je m’avance le long d’une haie de ronces et dans un creux, je pose le pied sur quelque chose semblant être mou… Bondissant comme un ressort, un lièvre détale !... Fonce tel un bolide en direction de mon père, qui ajuste son fusil, tire, tuant la bête en plein élan.

Chasseur et chien retrouvèrent parole et entrain : (malgré que le chien, resta muet…)
- « T’as vu !... Je ne pouvais pas le rater celui-là !
- Oui j’ai vu et j’ai senti sous mon pied ! »
Je n’ai jamais su ce que pensait le chien, qui ne dit point son opinion…Mais enfin pour un court instant, j’étais devenu un concurrent…  
 
J’étais heureux de voir la joie de mon père, mais j’ai longtemps culpabilisé… Le lièvre était mort à cause de moi. Pour des mûres… L’histoire fut contée, racontée, re-racontée…
Je revivais la scène plus tard en lisant Marcel Pagnol, « la gloire de mon père » … Nous étions nous aussi devenus « de grands chasseurs ».

- « Alors, j’ai épaulé en visant ! ...Il était en plein dans la ligne de mire… Il courrait en faisant des zigzags…Et « pan » ! Du premier coup, avec le canon droit…Du plomb de quatre…Le chien me l’a apporté, Noël l’a mis dans sa gibecière… (le lièvre ! Pas le chien…) On l’a pesé… (le lièvre ! Pas moi…). Il fait presque huit livres… Noël à fait le rabatteur… »

Cela m’a toujours amusé, de les entendre parler en « livre » …Pour la simple raison que le chiffre étant plus gros, est plus impressionnant. En demie-demie livre, cela aurait été encore plus considérable…Je pense qu’au-delà de ces dimensions, on tombe dans le colossal genre « sanglier, cerf…Voire…Euh...Éléphant… Non ! Pas chez nous, dans le Lot et Garonne ».

Le temps passe, les souvenirs restent ...  

Noel Turo dans Inclassable.
- 1239 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.