Incivisme du jour. Un billet qui sent le vécu

Les trottoirs de nos villes sont piégés, aussi dangereux qu’un champ de mines.
A chaque pas nous risquons l’accident. Toute notre attention ne suffit pas.
Des crottes vindicatives, encore fumantes de colère, nous guettent. Elles sont là, savamment disposées par le hasard d’une pressante envie canine  et le civisme en berne de nos concitoyens.
Un moment d’inattention et c‘est la tuile, enfin non c’est la merde !! La chaussure s’enfonce dans une matière molle et spongieuse, et nous sommes subitement enveloppés d’effluves dignes d’une fosse septique.
Nous voilà au bord de l’auto-amputation pour se débarrasser de ces miasmes. En désespoir de cause, et pour éviter une hémorragie fatale, nous raclons notre chaussure  sur au moins cent mètres.
Et puis nous sommes là au bout de la rue tout suant, le cœur au bord des lèvres, la semelle aussi usée qu’après un marathon des sables.
Reprenant notre souffle après quelques hoquets de dégout, nous agrippons un poteau indicateur salvateur, le temps de reprendre nos esprits.
«  Dites monsieur, vous n’allez pas vomir sur le trottoir, c’est répugnant. Où vous avez été élevé, sale personnage !! » . Nous interpelle une dame bien mise tenant en laisse un chien qui vient de se soulager quelques mètres plus loin.
C’est dans ces moments là que les instincts les plus primaires de l’homme ressortent. Une envie de meurtre nous envahit  et l’on rêve pour le moins de lui  faire un masque de beauté avec la crème du chienchien à sa mémère.

Diderot de Poche dans Inclassable.
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