Jessica

         

 

                      Jessica,
A toi
A notre âge, répètes-tu souvent,

Mais pourquoi donc veux-tu connaître Jessica
Et ses coordonnées, pour faire un bla bla bla
De ses mensurations ? de son expérience ?
Dont tu aimerais bien savourer la science ?

Mais "à notre âge" quand chatouillent les doublons,
Zéro pointé, pour faire encore illusion,
On s’imagine les parades de jeunesse
Dans des rêves, sur la grève, où rugit l’ivresse.

Ni l’orgueil du passé, ni de la volupté
L’effervescence d’un espoir de fin d’été
Ne séduiront les yeux de Jessica la belle,
Préférant se pâmer de zèles moins rebelles.
                                         
Tu pourrais sentir d’un vieil élan se mourir
L’espérance et comme  un enfer se refroidir,
Aussi fleurir ce blanc nuage noir qui passe,                              
De l'adorable qui dort, l'envie qui trépasse

Songe qu’à  l’époque où l’on étudie le corps,                                                                                               Où sans crainte on explore un désir sans remords,          
Souvent, du délire, les amours s’interrogent                                                                                                                                                                       
Lorsqu’elles contemplent les champs de blés qu’on fauche,

Et voient des passions les amas sans lendemain :
La porte qui se ferme au soir, s’ouvre au matin
Sur l’extase rare qui parfume un passage
A la gloire assouvie aux vastes paysages

Mais pourquoi voudrais-tu te comparer maintenant
A ce jeune homme ayant le clairon enivrant,          
Aux éphèbes ou à Apollon magnifique    
Quand Jessica brûle des amours galactiques ?

Souffrir la nuit les cris des fantasmes plaintifs
Et subir de la beauté son plaisir furtif ?
L’enfer serait comme un paradis de souffrance,
De ta musique, seul le chant de l’impuissance.

Les flammes voraces, toujours en s’éclatant,
Auraient le sourire du mal, étrangement
Comblées, surprises par cette chaleur dernière
Leur offrant l’abandon des amours premières.

Car le temps qui compte des années les ardeurs
Pourrait t’abonner aux faiblesses de la peur
Et sans remplir l’urne de ton immense ivresse,
Verser l’ironie sur un abîme en détresse.

Les fleuves du Léthé ont le frémissement
Suave en recueillant le splendide néant
D’une âme ; au vent mauvais, façonner son image
A la belle éphémère aux vertus qui saccagent.

Frissons de son âge ;  contemplant de ses seins
L’aréole froissée, rouge comme un dessin
D’enfant, et qui ne fait pas injure au vertige
Volage d’un amant flamboyant et prodige,

Jessica, dévoilée, au regard indompté,
Un corps inviolé où se lit la gaieté
Candide et soumise à l’insolence profonde
De sa peau, ciel et terre où l’impudique abonde,

Se demande anxieuse, en rougissant un peu
Des braises allumées, si l’enfer ténébreux
Se dilate en même temps que se meurt une âme
Quand elle danse sa volupté dans ses flammes.

Considère que de Jessica les faveurs
Aussi seront touchées par l’infinie ferveur
Du temps qui flétrit et la rose et ses fragrances
Pour orner une autre fleur de sa ressemblance !

Au soleil couchant, à l’heure où le Merveilleux
Veut sa part, elle dira encore : "Ô mon Dieu !"
Pleurant l’âge de la mélodie du silence
Qui fait s’épanouir un amour d’abondance.

Elle verra alors, maudit doute infernal !
Toujours recommencé, un éclair triomphal
Brûler sa destinée au paradis céleste… .
Vois-tu se lever les vents de l’hiver funeste ?

©Copyright                             Lefrange, le 28 avril 2009
Suite au "Devoir de philo"
(Ps dur de faire un copié collé )
.

lefrange dans Inclassable.
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Visiteur Avec l'age,le corps perd sa beauté,l'esprit perd de sa lucidité mais le cœur ne vieillit pas et l'amour en lui demeure toujours de l'age de la jeunesse et grand jusqu'au au dernier souffle de la vie.
Bel écrit que j'ai apprécié sa lecture.
lefrange Bonjour Troubadour, C'est vrai le cœur ne vieillit pas et garde l'amour jusqu'à la fin. Mais avec l'âge il se transforme encore en tendresse. Cette poésie je l'ai écrite pour se "moquer" un peu, gentiment, de l'ami qui m'avait donné "le devoir de Philo", (déjà posté) et qui me disait "A notre âge..." ajoutant qu'il aimerait malgré tout faire un voyage avec Jessica.

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