La convivialité : ivan ILLICH

LA CONVIVIALITE

« J’appelle société conviviale : une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes et d’experts. Conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil. (...) C’est l’outil qui est convivial et non l’homme »
(Ivan ILLICH, « Tools for conviviality », traduction française  « La convivialité »,1973, Seuil, (page 13))

« Une société conviviale est une société qui donne à l’homme la possibilité d’exercer l’action la plus autonome et la plus créative, à l’aide  d’outils moins contrôlables par autrui.. La productivité se conjugue en terme d’avoir, la convivialité en termes d’êtres. »
(Ivan ILLICH, « Tools for conviviality,1973, page 43)



Le terme de convivialité est un néologisme créé au XIX siècle  à partir du mot latin «  conviva » (« convier » et « convive ») dont le préfixe « %*! », avec, et le suffixe « viva » signifient  inviter, inciter à quelque chose , à faire quelque chose..).


Il a été introduit dans la langue française par BRILLAT- SAVARIN gastronome  français, dans « Physiologie du goût: Méditations sur la gastronomie transcendantale, 1826, Paris », où l’acception, (le sens accordé) définit le goût des réunions joyeuses, des repas pris en commun. Cette définition implique que ce sont les hommes eux-mêmes qui sont conviviaux dans leur relation notamment au travers du repas.


Au sens sociologique, la convivialité s’entend comme la capacité d’une société à favoriser la tolérance et les échanges réciproques des personnes  et des groupes qui la compose ; c’est l’ ensemble  de rapports favorables entre les membres d’un groupe. La notion de convivialité renvoie à celle de Solidarité, autrement dit aux fondements des fonctions sociales  de la solidarité : sociabilité. et socialité.


Le troisième sens, définit techniquement un matériel facilement utilisable par un public non spécialisé, autrement dit c’est l’outil (ou ce qui est considéré comme outil et comme moyen en vue d’une fin) qui est convivial et non l’homme :
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Cinq évolutions majeures caractérisent la révolution urbaine et l’importance d’une réflexion sur la convivialité:
(Réflexions émanants du Texte du projet de loi  «  Solidarité et renouvellement urbain »)

- Les grandes métropoles sont le signe d’un un changement d’échelles et de forme : territoire & globalisation
- La transformation du système des mobilités urbaines : aujourd’hui ce qui n’est pas télécommunicable, numérisable prend de plus en plus de valeur dans la vie économique et dans la vie sociale.
- La maîtrise individuelle des espaces -temps des citadins : l’individualisation s’exprime notamment par une autonomie croissante des individus et une appropriation individuelle de plus en plus marquée de l’espace comme du temps.
- - L’émergence d’une solidarité Urbaine et réflexive: Elle est due à l’apparition de nouvelles formes de ségrégations sociales en raison d’au moins trois facteurs :
1/ la formation de ghettos  de pauvres exclus du développement économiques,
2/ le développement de dynamiques de localisation résidentielles électives,
3/ la croissance des vitesses de déplacement qui dilate les échelles de spécialisations sociales et fonctionnelles.
Dans ce contexte émerge un nouveau type de solidarité urbaine territorialisée, le développement local dans une économie urbaine de plus en plus concurrentielle exige aussi un certain niveau de paix  et de cohésion sociale. Aussi, la solidarité réflexive s’inscrit dans le prolongement de celle de DURKEIM -mécanique et organique- mais elle résulte d’une conscience des intérêts collectifs des habitants d’une même agglomération. 6 - La société du risque. Cette solidarité réflexive est nécessaire face à l’évaluation et la probabilité qu’interviennent certains évènements tel que les incertitudes face à l’économie, l’insécurité et la violence urbaine, l’environnement, des risques sanitaires et alimentaires, etc.
- : C’est dans ce contexte, que les individus comme les acteurs sociaux et économiques sont à la recherche de tout ce qui peut assurer ou rassurer de cadres susceptibles de créer de la confiance. L’un des enjeux majeurs de la solidarité réflexive est que les responsables politiques, les pouvoirs publics, les urbanistes, les aménageurs auront à élaborer et mettre en oeuvre ce nouvel urbanisme ou « méta - urbanisme ».

Fabien Rogier dans Inclassable.
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