LE CANAPE

LE CANAPE

Il est muet comme une carpe,
Il garde les secrets.

Ancien, contemporain,
Massif, épuré,
Cuir, alcantara,
Ou toute autre matière.
Couleur  claire ou foncée,
C’est l’embarras du choix.

On vient s’y asseoir avec des amis,
Pour rire, trinquer
Un verre à la main,
Mais aussi seule le soir,
Les jours de grisaille
Pour venir y pleurer
En toute intimité.

Trop d’ébats amoureux
L’ont un peu fatigué.
Symptômes de l’arthrose.
Ses ressorts craquent et grincent.

Loin d’être rancunier,
Ses bras restent ouverts
Pour venir s’y blottir
En toute tranquillité
Oublier ainsi
Les contraintes du boulot
La fatigue du métro

Alors on s’y allonge
La tête sur l’accoudoir
Pour mettre son âme à nu,
Au cours d’analyse,
De psychanalyse.

Le voyage est beau
Peut être un peu trop court
Mais pour 60 Euros
Peut on  prétendre à mieux ?
     
Il est aussi le salon
Où l’on cause,
Où l’on refait le monde
Fort de philosophie, de fables
Le pot de terre et le pot de fer
Au jour d’aujourd’hui
A toujours la peau lisse.

Fidèle canapé,
Sur toi j’ai pris appui
Pour écrire ce texte.
Je te fais un clin d’œil
Et je te dis merci.


       

coralie dans Poésie.
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