LE GRENIER

LE GRENIER

Un escalier en bois qui  craque sous les pas,
Quelque peu abruptes, 18 marches à monter,
Une corde servant  de rampe pour s’y agripper,
Ascension grenier,
Le drapeau est planté.

Une serrure rouillée, une clé sur la porte,
Une patine de poussière recouvre le sol,
Mesdames les araignées ont élu domicile
De leurs plus belles toiles les murs sont tapissés.

Il fait très chaud, c’est une journée d’été,
La lucarne est petite, la vitre très sale,
Quelques rais de lumière semblent s’y hasarder,
Attention à la tête sinon bosse assurée.

Le cœur bat un peu vite.
Pourquoi suis je là ?
Qu’est ce que je viens chercher ?

Dans de lourdes malles noires se cachent :

Des journaux : france soir,  le hérisson, hebdomadaire satirique, aux dessins humoristiques
au célèbre papier vert, l’almanach vermot, dicton du jour, proverbes.
Des magazines :  la veillée des chaumières, bonne soirée, l’espiègle lili, les pieds nickelés
Paris Match,  Frimousses.
Des calendriers , des cartes postales, des dessins au fusain, des plumiers, un cartable,

Des cahiers d’écoliers années 1910, 1936, appartenant à mon arrière
grand mère et à ma grand mère à l écriture parfaite de pleins et de déliés
semblent être restés pour témoigner d’un présent au passé.  

En avançant un peu,
Une lessiveuse posée là  avec son champignon. Reste au fond ce qui a du être une boule de bleu.

Dans des cadres surannés, des visages inconnus mais d’après la description lors de réunion
de famille, je peux  y mettre un nom.

Des bombonnes, des paniers, des corbeilles en osier  tressés sans doute  durant
L’hiver près de la cheminée.

Une cuvette émaillée, un broc ébrèché

Une meule à aiguiser,  un poële en fonte, un vélo, un lit en noyer et même un pot de
chambre

Dans une caisse en bois, des dinettes, un baigneur, une poupée de porcelaine,
à la tête fêlée et la jambe cassée. (je pense à toi maman)

Un ours en peluche qui a perdu un œil remplacé par un bouton doré,
Un bilboquet, des jeux de société.

Une robe sur un cintre accroché à un clou,  
Sur un fil de fer, descendant un peu bas
Vient caresser ma joue comme pour me dire coucou
Sur ses manches, quelques trous,  les stigmates du temps
La rendent encore plus belle.

Tout ce bric à broc usé, cassé, gardé sans être vraiment légué, passage de 3 générations,
 morceaux de de vie, sourires, larmes, secrets, refusant de mourir semble  vouloir ressusciter
un présent éternel.

N’ayez aucune crainte, chers disparus,
A travers vous, je me suis construite,
Vous êtes mes racines,
Je vous aime,
Vous êtes et restez dans mon cœur.

coralie dans Inclassable.
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