Mok (contenu explicite).

Il la caressait tout en frottant ses parties intimes sur ses cuisses : une fois, deux fois puis une troisième fois. Des préliminaires de boss qu’il appelait ça. Il allait passer à la partie la plus importante de toute. L’incursion en elle-même : l’exploration des abysses. C’est ce qu’il fit. Elle gémit. Il frémit. Des va et vient dignes d’un braqueur surexcité sur le hall d’une banque un gun à la main.

Il perçut une douleur au niveau du bas de son pénis. Il ouvrit l’œil.

Sa tocante indiquait 10 heures du matin. Le soleil se tenait au plus haut et il était tout simplement entrain de niquer son matelas avec des coups de reins répétés. Il continua quand même de le bourrer puis finit : manuellement. Il déchargea sèchement sur le lit. Il se leva, guilleret. Essuya une bave : elle s’étalait jusqu’à son oreille droit. Sortit de la chambre en caleçon en se grattant amplement les couilles, marcha le long du couloir ; lâcha un puis deux pets. Le premier aigu, le second éclatant. Il se gratta l’arrière train, pile poile au milieu de la raie, après quoi il débarqua dans le salon. Il se saisit d’un bout de pain sur la table, au coin près de la télé, et commença à le fourrer dans son bec.

–     Maman ! T’as vu mon t-shirt rouge ?
–     Je ne sais pas ce qui ce qui me désespère le plus : que tu aies quarante ans ou que tu vives chez ta mère ?
–     J’ai trente neuf ans ¾ maman. Et c’est la maison de papa.

Elle lâcha un long soupir…

–     Dis grand-mère, pourquoi Mok n’a pas de travail ?
–     Je vais te dire une chose très importante ma petite nièce chérie, une chose que ta mère, ma sœur, ne te dira jamais ; une chose que très peu de gens savent vraiment : le travail c’est un truc inventé pour tuer les gens pendant qu’ils sont entrain de vivre. Et pas qu’un peu ! Il devrait d’ailleurs afficher ça partout. Tiens ! Comme pour les paquets de cigarettes… Mais y aura toujours un con pour s’tuer au taf ou pour une taffe !
–     Elle a 9 ans ! La pauvre gamine…
–     J’ai 9 ans ¾ grand-mère.
–     Toi aussi tu t’y mets ?!
–     Je vais sortir maman. Il me faut ce t-shirt rouge, celui avec la fleur d’Aster !
–     Tu vas encore chercher des emmerdes. Dit-elle en bouchant les oreilles de la petite. Prends-en un autre.
–     Non maman ; mais me faut c’lui à m’mam !
–     Qu’est-ce qu’il a de spécial ?
–     La fleur d’Aster symbolise l’élégance, la fidélité et la confiance : idéal pour flatter l’ego de la gente féminine !
–     Tu m’en diras tant, regarde dans le tiroir du bas à gauche dans l’armoire de ta chambre !
–     Ta gauche ou la mienne ?
–     Ça revient au même une fois devant l’armoire non ?
–     Pas faux !

Il tronqua son caleçon plein de sperme contre son t-shirt rouge « fleur d’Aster », un pantacourt vert Véronèse et des Nike blanches. Un mètre quatre-vingt-quinze pour une centaine de kilos. Bedonnant, à l’allure plutôt ramassée : il donnait l’air d’un de ces boxeurs poids lourds à la retraite.

Son téléphone sonna.

–     T’étais fourré où tout ce temps Rob ? tonna Mok.

La voix au téléphone lui demandait de sortir de la maison.

Il franchit le seuil de la porte en tirant vers le bas le bout de son t-shirt pour masquer son nombril tout en mâchouillant un chewing-gum. Son ami Rob était adossé sur le capot de sa Clio Williams. Rob faisait dans le mètre soixante-dix tout au plus. Mince. Le teint clair avec des cheveux bruns.

–     Tu as encore pris quelques grammes Mok !
–     Comme on dit : « Toutes mes tentatives de régime font toujours un bide. »  
–     T’es con !
–     Un point pour toi.

Ils embarquèrent dans l’auto qui se mit à aussitôt en route.

–     C’est quoi le plan de la journée, demanda Rob ?
–     Draguer des meufs !
–     T’en as pas un peu marre ?
–     Non ! Mec ! Draguer ya que ca de vrai ! Les relations homme/femme ç'a toujours été ma passion !
–     Oui, mais personne pour t’écouter jaser !
–     Tu sais, on écoute généralement deux types de mecs dans la vie : le plus haït et le plus aimé ! Je vais pas te faire tout un dessin sur tous les efforts qui faut faire pour être aimé ou se faire aimé des autres. Donc, fais simple : fais-toi détesté ! On t’écoutera, ça marchera tout autant.
–     Tu as toujours un avis sur tout.
–     Je ne m’improvise pas devin pour autant, mon salopiaud. Je ne dis pas que chacun de mes mots valent leur pesant d’or ! Mais c’est tout comme.
–     Remarque que Monsieur le spécialiste en séduction est toujours célibataire.
–     C’est provisoire !
–     Oui, mais ça fait un bail que ça dure.
–     Ta gueule !
–     Du provisoire qui tend vers du définitif.
–     Phoque !
–     Alors, continua Rob, on va du côté de la plage ?
–     Non, le nouveau restaurant au centre. La rumeur dit qu’il y aurait toujours plus de meufs que de mecs. Ils ont besoin d’un soutien aérien de ce côté-ci de la ville. Les minettes, elles n’attendent que ça !
Rob se mit donc à rouler vers le centre-ville.
–     Tu sais, enchaina Mok, tu comprendras jamais les femmes.
–     Et toi donc ?
–     Moi, je les comprends, je les appréhende, je les incorpore !
–     Tiens donc !
–     Ouais ! Je les sens !

La voiture stoppa à quelques à quelques encablures dudit resto. Ils descendirent de la Clio et finirent le reste du chemin à pied avant de s’engouffrer dans l’établissement. Ils prirent une table en face de la porte d’entrée. L’endroit brillait comme un sous neuf, le local sentait la peinture fraîche. Les tables et les chaises semblaient avoir été nouvellement installées. Toutes les décorations luisaient de mille feux.

–     Toujours prendre la table près de la porte d’entrée pour avoir une vue d’horizon, se félicita Mok, en s’installant sur l’une des deux chaises de la table.
–     Alors tu prends quoi ? lui lança Rob qui lui emboîta le pas.
–     Rien, juste un verre d’eau.
–     Comment ?
–     Tu veux pas que toutes ces charmantes créatures pensent que je suis un glouton en plus d’être gros !
–     Euh…
–     En même temps la bouffe, c’est plus ce que c’était : paraît qu’elle contient des trucs pas bon du tout. Paraît qu’ils irradient la bouffe pour mieux garantir sa conservation.
–     Je crois qu’on serait mort depuis longtemps.
–     Bonne question. Tu seras mort, mais à petit feu. Faut que tu piges le truc de l’irradiation qu’ils appellent affectueusement ionisation des aliments. Dans les faits il s’agit tout simplement de radioactivité !
–     Radioactivité ?
–     Oui Rob, les rayonnements ionisants sont produis par la radioactivité d’atomes tels que l’uranium et le plutonium…
–     On dance avec la mort là Mok !
–     Et dire que tous ces connards refusent à certains pays l’usage de l’uranium pour des activités civiles !
–     Intéressant tout ça. Tu as des exemples ?
–     Les steaks et tous ces trucs là sont irradiés depuis au moins 40 ans. Toutes les 4 secondes, un kilo d'aliment est irradié en France, soit environ 5000 tonnes par an, afin de les décontaminer et de ralentir leur mûrissement… J’ai lu ça récemment sur sauvetesmiches.org ! Sinon la liste est longue comme le bras.
–     Rien que le nom du site jette un doute sur la crédibilité du truc ! 

Mok recracha le chewing-gum qu’il était entrain de mâcher sur la paume de sa main. Il le fixa un moment avant de le foutre sur le recoin de la table. Il en prit un autre de sa poche et le fourra dans sa bouche. Il rajusta son t-shirt sur ses épaules et continua de déblatérer. Rob jeta un œil dégoûté vers le maître de céans.

–     Non !  Tout ce qu’il y a de plus sérieux. En plus des produits chimiques, des colorants et des conservateurs, la bouffe reste aujourd’hui le premier vecteur responsable de la propagation des cancers en tout genre.
–     Cancer ? lança Rob stupéfait.
–     Oui, cancer. Sinon comment t’explique alors qu’un type qui n’a jamais fumé de sa vie et qui n’a jamais bu une seule goutte d’alcool se retrouve avec un cancer du colon de stade 4 ? Hein ?!
–     Tu viens de me couper l’appétit. Jai un grand-père mort dans ce genre d’étrange circonstance. Il n’avait jamais fumé une seule clope de sa vie, ni bu une seule goutte d’alcool. Il est mort à 73 ans.
–     J’en viens à penser que c’est fait délibérément !
–     Comment ?
–     Ils veulent tous nous tuer ! Jusqu’aux derniers putain !
–     T’exagère ! Je crois que ca se saurait.
–     À plus grande échelle c’est la planète entière qu’ils essaient de niquer : l’Écotoxicité qui disent. Monsanto, cette compagnie tentaculaire, est entrain de le faire depuis des décennies maintenant. S’ils flinguent les abeilles ; je ne donne pas chère de notre peau ! Les abeilles, il parait que c’est important pour notre survie. Tu te rends comptes de l’importance de ces petites bestioles ? Et je te dis mon salopiaud, les choses ne vont pas en s’arrangeant !
Un important groupe de filles entra dans le restaurant suivit d’un autre de moindre ampleur.
–     La rumeur disait donc vrai, et je suis au première loge, ânonna Mok. Tu vois toutes ces chattes, je peux sentir leurs respirations d’ici, parce que oui ça respire les chattes comme tout. Je sais qu’elles veulent de la bite. Elles mouillent rien qu’à entendre le son de ma voix.

Le premier groupe plus compact occupa un ensemble de table au coin, tandis que le second s’éparpilla un peu sur l’ensemble de la gargote. Une fille s’extirpa de la foule pour se mettre à l’écart seul sur une table isolée.

–     Je crois que j’ai repéré une âme en détresse.
–     Tu vas y aller sec ? demanda Rob.
–     Non ! Je vais mettre du lubrifiant ! T’es tebé ou quoi merde, sûr que j’y vais de ce pas. T’es aussi déprimant qu’un hospice pour viocs !
Sans plus attendre, Mok expectora son chewing-gum direction le sol. Il se leva releva son pantacourt qui lui pendait aux fesses. Et se dirigea vers la fille seule sur son coin de table.
–     Je reviens lança-t-il à Rob.
–     Te prends pas une veste.
–     Phoque !

Il s’éloigna, arriva à hauteur de la fille, une discussion débuta. Il resta debout un moment puis finalement s’assit aux côtés de la jeune fille. Rob depuis sa place n’entendait strictement rien de leur conversation.
Quelques minutes s’écoulèrent et Rob fixaient toujours son ami en pleine action. Un bon quart d’heure plus tard. La jeune fille s’éjecta de son siège et courut vers le patron du resto. Mok à son tour bondit de la chaise et se dirigea vers Rob.

–     Viens ! On s’tire s’exclama Mok.
–     Mais…
–     Dépêche mec ! Faut pas traîner plus longtemps. 
Ils sortirent en courant du restaurant pour s’orienter vers la caisse. Une fois sur place, haletant, ils prirent un moment.
–     Mais qu’est ce que tu as foutu ? s’écria Rob.
–     Bah, rien ! Je lui ai juste fait la cour…
–     Tu lui as sorti ton numéro habituel : celui sur la prédestination de ta bite avec sa chatte ?
–     Non !
–     Alors c’est celui où t’improvises gynécologue ???
–     Non ! Je crois que j’ai comme qui dirait un peu forcé la dose cette fois-ci.
–     Maaais t’as fait quoi ?
–     Au départ on a bien causé, tu vois le truc, elle était emballée et moi j’ai voulu terminer en éclat alors je lui ai dit : je vais te dire une chose très importante ma petite dame ; une chose que très peu de gens savent vraiment. Dans la vie, il y a trois types de nanas. Il y a la FEMEN, existe aussi sa cousine la vieille peau frigide et enfin il y a la femme : féminine comme toute et sensuelle…
–     Et ?
–     Elle a même pas attendu que je développe le truc ! Elle s’est levée pour appeler l’autre con de patron.
Une main tapota l’épaule de Mok. Avant de se retourner, il vu Rob détaler à toute allure : les jambes à son cou. Même qu’Usain Bolt pouvait pas le rattraper tellement le gars décampait aussi vite qu’un impala : le mammifère ; un peu comme la voiture aussi.

Au Commissariat Central.

Mok était en cellule. Seul, il bafouillait derrière les barreaux de son compartiment. Il parlait à un officier de police qui faisait la sourde oreille derrière son comptoir.

–     Alors pour résumer, tu as déblatéré des trucs les uns plus vicieux que les autres sur une jeune adolescente de 17 ans, des trucs vraiment graveleux, lança le policier qui semblait aussi négliger qu’un siège d’autobus public.
–     Elle m’a dit avoir 17 ans ¾ pis c’est pas de ma faute : elle avait l’air d’en faire au moins 25…
–     Pour couronner le tout, vous avez agressé son frère qui se trouve être aussi officier de police. La gamine et son frère avaient rendez-vous ensemble dans le resto.
–     Il m’a surpris par derrière, c’était de la légitime défense !!! L’instinct de survive mec !
–     Ils recherchent toujours ton copain, ils ont sa caisse, il va pas tarder à se pointer.
–     Il a rien à voir delà dedans. Je suis le seul auteur de ce délit.
–     T’es mal barré avec une défense pareille ! 
–     Yo ! Maman ! Comment va ma petite puce.

La mère de Mok accompagnée de sa petite nièce venait de débarquer dans le commissariat de police. Elle fustigea Mok du regard et se tourna vers le policier.

–     Grand-mère, pourquoi Mok est en prison ?

Mok se leva.

–     Je vais te dire une chose très importante ma petite nièce chérie, une chose que ta mère, ma sœur, ne te dira jamais ; une chose que très peu de gens savent vraiment…

Mahad dans Inclassable.
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