Paranoia - chapitre 4 : Autre chose

Elle se lave insouciante à son envie. Sa main dans le gel douche passant sur sa jambe gauche. Se relevant doucement.
Sur sa jambe droite. Idem. Écartant légèrement ses lèvres intimes dans ce petit jeu innocent.
Le nu, son âme éprise, ne cessant de penser encor et encor à sa bouche d'homme maladroit.
Est-ce bien de cela dont j'ai vraiment envie ? Pensa t-elle.
Ses yeux se ferment sans croire qu'elle est seule, ici, dans cette pièce claire et embuée.
Un doucereux va et vient sur son mont de vénus amuse son esprit. Et voilà que la scène idéale s'image dans le néant de son regard.
Il est arrivé en retard, comme à son habitude. Mais cette fois-ci la belle ne l'accueille qu'habillée et sérieuse. Elle veut une chose précise. Elle le veut dans son avancement.
Courtoise, son regard coquin pour lui offrir soit un café, soit ce qu'il désir. L'image saute vite ce passage de convenances.
Voilà qu'il la regarde, qu'il la fixe.
Il veut qu'elle s'approche de lui mais elle sourit de plaisir.
N'oublions pas l'endroit réel et sa main jouant dans l'eau tiède.
Son corps commence sa danse de plaisir solitaire.
Elle aime un peu cet homme.
Grand, brun. Pas vraiment beau. Mais un air idiot qu'elle adore.
Son envie grandissante, des paroles imaginaires entre dans le décor.
Peut-être lui dirait-il ''que veux-tu ?'', ou peut-être resterait-il silencieux quand elle oserait lui dire dans ce face à face :
Je veux que tu me lèches !
Au silence de ses mots, un de ses doigts caresse alors son entrée secrète. Gluante et douce, c'est un frisson qu'il la traverse.
Sa tête est entre ses cuisses, sa langue est affamée d'elle, son sexe excité veut la pénétrer. Mais elle refuse, elle le domine en ne voulant que se soumettre à ce cunnilingus.
Il lui dirait qu'il va partir d'excitation, elle répondrait qu'il doit se retenir.
Deux doigts entre avec plus de force dans son vagin. L'eau devient vagues. Son souffle devient contracté, saccadé. Elle aime ce qu'elle se fait.
Elle cherche la sensation au milieu de cette vision fantasmatique et cette vérité exquise. Solitude épargnée.
Elle le forcerait presque. Mais lui n'aimerait que trop ce qu'il goûte, ce qu'il dévore à pleine bouche.
Ils pourraient jouir en même temps et en mettre partout. Elle sourit, elle en rit même !
C'est à deux mains qu'elle attrape entièrement sa pudeur.
Elle n'en jouira pas. Mais elle a aimé ça. Elle attend cet homme. Elle patiente pour lui. Elle ne se donnera qu'à lui.
Où qu'elle se trouve.

lettre dans Inclassable.
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