Prelude

Prélude
Ce qui précède quelque chose ne l’anéantit pas d’un coup. Ce qui est immortel n’appartient pas au passé et ne cesse de croître dans le cœur des infortunés de la passion. Le destin parle à notre oreille alors qu’il est inutile de vouloir taire ce qui nous anime. Qu’importe par ailleurs la raison, laquelle enfouit au plus profond de nous – même l’amertume. Et que dire de Chronos qui fera resurgir l’émoi des moments les plus tendres quand le poids des années nous donnera l’illusion du bonheur mais rien que l’image et nullement le ressenti. Ce qui est fait l’est et envisage l’avenir, le préfigure.
La dépose des sentiments a ce sublimissime élan des possibles. Une étincelle de bonheur crée les conditions de l’Eros et de la puissance créatrice. Et ainsi vous êtes venue à moi. Le hasard sans doute, le vide n’est-il pas ? La destinée n’est-elle pas le dessein qui illumine le cœur des Hommes. N’est-ce pas plus magnifique et grandiose qu’une simple circonstance, un accident psychique, un accent ponctué de moments prolixes. Les pages d’un livre défilent mais elles ne détiennent qu’une infime partie d’une histoire et ne demandent qu’à être écrites. Alors je prends ma plume et jette sur le papier vierge le fond de mes rêves, burine l’avenir et magnifie l’instant présent. Quand beauté et passion se fondent, que va-t-il advenir de l’organique espoir d’un essor romantique ? Et si  l’homme que je suis ne faisait pas autre chose que de percevoir ce que vainement vous dissimulez sous un manteau de contingences, d’obligations de toute sorte, comme autant d’éléments qui raisonnent en moi des mêmes consonances. Et cet ennui oublié à ce moment où vos cheveux se sont défaits, quand votre visage s’est embelli dans un spectre de lumière, n’est – il pas le témoin de l’attirance inexplicable de deux êtres quand ils se retrouvent alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés ? Est – ce possible ? Qui écrit cette partition ? Pourquoi ces airs interdits n’ont-ils pas arraisonné l’indéfectible attirance ?
Loin, perdu sur les rivages des questions, je pense à vous dans un silence absolu. De tout ce qui ne dit pas clairement les choses, découlent ce que le cœur demande, ineffable aspiration à plus de bonheur et à ce que vous n’imaginez peut – être même pas. Vous êtes venue et avez ouvert un temple où étaient gardés au plus grand secret les quelques mystères dont vous serez tributaires. Par-delà les simples aspirations, vous oublierez ce que vous êtes et passerez toutes les étapes, révélée, probe et libérée de vos chaines. Vous apprendrez et je vous appréhenderai. Défaite de vos apparats, vous serez mienne couverte d’éloges, grande maîtresse des mots, subliminale puissance  du nombre d’or, architecte de la pensée dans ce qu’elle a de déterminante et de ses conséquences sur la beauté des évènements. En ces mondes, il n’y a pas de place pour ce qui semble bien ou mal, noir ou blanc, éthique ou amoral , espoir et désespoir, illusions et désillusions,  commencement et fin mais pour ce qui révèlent l’intuition, la magie des instants et la pérennité des sentiments.
Alors, venez à moi, je vous en prie pour que soient revisitées les lignes de votre destinée et que chaque nuit, vous me permettiez de m’attendrir sur le spectacle de votre corps exultant, gémissant de la douceur que votre âme acceptera de la main d’un rêveur en quête de sublimation par défaut de ne pouvoir céder à une pulsion bien belle à mes yeux.
Mais la déréliction  m’afflige alors que la lune en est à son dernier quartier laissant le soin aux démons du Soir , Lupus et Incubus de vouloir vous entreprendre à ce point que vous me permettrez de prendre congé de vous, pour un moment cependant car , puissiez – vous entendre qu’il ne m’est pas possible de vivre alors que vous errez seule dans le couloir de ma mémoire corrompue par votre souvenir ?

Serge.malisoux dans Inclassable.
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