second momentané

2d Momentané
 
 
 
Amour…. Construction culturelle d’un simple rapport de notre naturalité exprimant la sexualité visant la reproduction de l’espèce.
 Amour procréation. En définitive, être amants, n’est que la volonté intime et angoissante de revivre le mythe d’Adam et Eve, le paradis perdu, de l’éternité dans l’instant de la jouissance d’aimer. De cet acte encore pur où ne se posait pas la question de la réciprocité.  Il n’est que l’ a- mour…….   
 
-Oui, je t’aime. C’est bien cela cette particularité exceptionnelle. Je t’aime.. ton esprit ce que tu me semble être. Ce que tu m’apparais être. De toute manière je t’aime traduit cette totalité que tu es. Que je ne te connaisse ou pas. Ce sentiment - passion que je traduit par « le je–t ‘aime » signifie que j’embrasse dans ta totalité de ton être.
 
Parfois et bien souvent maladroitement, comme un enfant apprend à marcher car je crois que l’on apprend toujours à aimer, et à s’aimer. L’amour c’est entreprendre d’aimer. C’est érotiser nos sensations que l’on écoute et que l’on appréhende comme on nage dans l’océan ; la peur de l’abîme...
 
Je m’abîme en toi et c’est fun'estement que je l’accepte. Oui, nous sommes amants, comme jamais je n’aurais pu l’entrevoir, ni le concevoir. Avec toi j’accouche au monde. Et je découvre le monde. Je te découvre comme un monde,  fuirais-je le mien ? Je pénètre un monde intérieur, où je te devine, le fossé entre une création démiurgique et la tentation morganatique n’a nul égard quant à ton regard, perçant, et profondément apaisant.
 
Mais tout est faussé, car, tout à la fois, nuancé d’une nonchalance, d’une suavité extrême....Je repars sur un monologue sans intérêt, qui ne concerne et n’inspire que mon genre, mon gène, et mon sexe qui se regarde. Mais nous ne sommes rien. Qu’un composé d’hydrogène et d’eau. Un rien décomposé….ou compossible.
 
Oui je t’aime.... comment le dire autrement, aussi bizarre qu’il y paraisse, je ne pense pas qu’il y ait des maux aussi acceptables et irrépressibles que d’éprouver cette liaison accueillante, dans une situation qui acculent à naître amant et amante.
 
Ces termes sonnent comme l’amande. Celle-ci n’a à travers le siècle pris tout son charme que par ses qualités de goût et d’esthétisme et d’érotisme que traduise son ovalité. Cette forme ovoïde, me rappelle le mythe de l’androgynie. L’arché, principe premier de la différence. Tu es mon principe actif, et j’ai la frayeur de ma vie à croire que sommes réunis en un, en une. Ce mélange des corps, de nos chairs, se confondent en un enlacement d’ovalité et « d’ovalures » qui me transportent.
 
Oui je t’aime, et je te l’écris. Plus qu’une homérique chimère, une pensée, une idylle, une inspiration, tu es ma respiration. Ton souffle m’insuffle la vie, l’amour. « Ce je-ne-sais-quoi »d’intransitif, me rempli, me complète comme objet. Je ne suis plus ? « je ... » tout court. Je est un verbe d’action, sans quoi je tombe d’inanition, c’est ce que comporte ton initiation, et ton invitation à te rejoindre. Même avec toute la volition du monde, je ne peux résister à ton attraction.
 
Subrepticement, je me glisse sur ton doigt, mon doigt sur ton dos, comme un escargot je cherche le chemin, lasser des traces, je m’efface sur toi.
 
Je voudrais être ton esquisse, ton exquise sensation de vie celle qui nous accompagne au quotidien au fond de nous même ; je serais ton inatteignable sensation d’exister. Je ne le peux et je ne le veux pas.
 
Je m’enfuis, comme un souffle d’air. Pour, toujours, n’être qu’un courant d’air. Mais celui-ci affleurerai sur ta poitrine, sur tes reins pour te provoquer ce petit frisson coquin....du matin... je t’aime comme un souffle d’air......un air marin, marrant mais parfois navrant. J’en suis navré. Je t’aime à m’en détester…..
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Fabien Rogier dans Inclassable.
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