Un demi-Librosophia, avec un grand verre d'eau

Il faut croire que l'on n'échappe pas à Librosophia, si facilement. Un dépôt de billet désensé (si tant est que ce mot...) et l'on vient vous demander par voie internautique de remettre le couvert. Allez, quoi, une visite...
J'étais venu sur ce site en quête d'abri. Gimme shelter, comme éructait Mick Jagger. Hormis peut-être le chat de ma voisine, tout le monde en avait après moi, une théorie du complot entrée en phase pratique avec traversée de rue incertaine, achat d'une baguette périlleux et, partout, des agresseurs en puissance; le capitalisme était aux manettes, c'était ma certitude. Depuis 1978 que je lui courrais après...
Et il y eut Librosophia. La cabane vide au milieu du champ dans laquelle se fermer à tout contact extérieur, la cave de Malevil qui protège de l'explosion nucléaire, la boîte aux lettres où trouver refuge en cas de saisie de l'appartement par un huissier, c'était ça, pour moi, Librosophia.
De fait, le capital relâchait son étreinte.
L'angoisse refluait, hésitante. Rien n'est jamais sûr, le temps seul vérifie les espoirs et le temps court les illusions.
Ma respiration se ressentait du doute qui s'était emparé du monstre; je vivais un peu plus et mieux.
Et voilà que Librosophia m'appelait à la répétition, inconscient qu'on ne gruge le capital qu'une fois, car à la deuxième il a appris à déjouer le piège et abat ses mâchoires. Et déchiquète.
Et je n'ai d'autre issue que d'entrer sur ce site amical un mot d'amitié. L'œil déjà lourd du jour qui vient, mon épouse près de moi plongée dans "Der Spiegel" et la nuit si ambivalente qui se profile dans la prochaine demi-heure.
Il vaudrait sans doute mieux rêver une journée que la vivre. Je ne vis pas ma vie, je la rêve, disait Higelin.
La nuit s'y emploiera.

Bonne nuit, Librosophia.

eleanor-rigby dans Inclassable.
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