Partie 5 - À l'ombre de moi même

Ce texte est une réponse à Partie 4 - À l'ombre de moi même de Alexandre Clain.

Michel

Je suis dans le canapé de John, son enfant dans mes bras. La télévision résonne. Nous venons d’apprendre la mort de Tennecy Milord. John la connaît bien et elle nous connaissait un peu trop bien, tous les trois. Vous vous demandez sûrement où est passé John, n’est-ce pas ? Je le protège, comme j’en ai l’habitude, il avait vraiment besoin de se changer les idées. Juan risque d’arriver d’une minute à l’autre, je sens sa présence et j’ai peur pour John. Il doit fuir, ça devient urgent. Je dépose Caroline dans le fond du canapé et la cale avec des coussins avant de courir dans la salle d’eau pour attraper un des rouges à lèvres d’Hélène, à mon retour dans le séjour j’inscris mon message de détresse en lettres capitales pour m’assurer que John puisse le voir le plus rapidement possible quand il reprendra ses esprits, c’est important que la décision vienne de lui-même car je peux lui soumettre des idées mais je n’ai pas le pouvoir de le forcer à les faire. Juan arrive, il est trop tard.

Juan

John est un ignorant. Il a toujours voulu être moi mais n’en a jamais eu le courage. Si je n’avais pas tué Tennecy Milord elle m’aurait fait disparaître pour laisser John dans la souffrance, mais il a besoin de moi. Nous nous rapprochons du but. Parfois il est plus facile de tout effacer pour mieux recommencer,  partir de zéro pour retrouver une paix intérieur. Oui je suis lâche et je passe par la facilité, oui je vais tuer cet enfant pour soulager John de ce regard, de ce sourire qui le fait souffrir. Pour que nous puissions tourner la page. Pour que je puisse enfin tourner la page et la peur n’y pourra rien malgré ses avertissements. Sur la route de Füzesgyarmat, neigeuse, brune et bleue, bébé dort. Bien calé dans le sac à dos, sa petite informité repose, congelée, contre un buisson de bruyères. Il fait doux, le soleil se couche enfin sur le bois maintenant silencieux. La forêt n’est qu’ombre et frissons. Tout se devine sans se laisser voir. Dans le vent froid qui la traverse et la malmène, elle respire le doux parfum du crépuscule. Mais une odeur délétère vient empoisonner l’atmosphère. Petite Caroline dort, dort et pourrit, et dort, et rit. Sommaire en cliquant sur http://librosophia.com/litterature/sommaire-a-lombre-de-moi-meme.htm

Alexandre Clain dans Littérature.
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