Au café des soupirs

Au café des soupirs, il y a Jeanne,
Il y a moi, il y a nous deux.

Jeanne a commandé un café noir bien serré,
Elle a toujours aimé le café fort comme l'amour.
Et mes cheveux noirs comme la corneille,
Lui rappelait ce que j'avais de plus fort en moi.

Mes yeux bleus réfléchissaient son propre regard.

Plongeant comme dans un océan azuréen,
Elle adorait se rafraîchir au timbre de ma voix.

J'avais commandé un chocolat de grande marque,
Je n'aimais que la marque, car ils étaient puissant
En bouche, comme ses lèvres qu'on partageait,
Qu'on mordait entre elle et moi.
Tour à tour, elle me mordillait,
Et je lui rendais la pareille, 
Dans un petit cri haletant de plaisir.

Jeanne avait dix-neuf ans, j'en avais que trois de plus,
Mais elle était aussi dégourdie que je le fus à son âge.

Au café des soupirs, il y avait ces deux jeunes femmes
Qui s'aimaient follement, d'un amour incommensurable
Brûlantes comme mille soleils nucléaires
Aussi choquantes et percutantes que des astéroïdes.

Je me souviens de Jeanne,
Et je pense qu'elle se rappelle encore de moi.

Le temps s'est immiscé entre nous,
Et l'eau sous les ponts a coulé depuis.

Mais j'ai conservé cette photographie,
De deux jeunes femmes amantes,
Un jour à Paris.

 

Justine Sahin dans Littérature.
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