Belle et Sébastien .

Il y a bien longtemps déjà, un petit hameau  perdu dans les hauts Alpes, tapi à l'ombre des hautes cimes.

Un village bien tranquille, des granges, des moutons et des vaches.

Tout semblait endormi en cet espace blanc, oublié des Dieux, s'il n'y avait cette bête, ce chien fou, qui attaquait leurs bêtes et les chasseurs solitaires. 

Un matin, le vieux paysan et berger César, découvrit la larme à l'oeil, quelques moutons égorgés, sur un tapis  de rouge et de blanc. Il pensa de suite à la bête, ce chien sauvage, qui réussit à briser sa lourde chaîne d'un  mètre,et se soustraire à la faim et aux coups de bâton d'un maître brutal et sans coeur.

Il errait , heureux de cette liberté retrouvée, se méfiant des hommes, les détestant même.

Il chassait marmottes et petits rongeurs, s'abreuvait dans le torrent sauvage. Il était sale mais heureux.

Le vieux berger César, homme rude, porté sur la boisson, mais au coeur d'or, avait recueillit la fille de sa soeur et un petit garçon du nom de Sébastien, sa mère étant morte lors du passage du col, pour rejoindre la Suisse, une belle gitane, que les allemands traquaient, tout comme les juifs et les passeurs.

Nous sommes en 1943, près de la frontière Suisse, et les villageois, de rudes gaillards au coeur généreux, aidant à faire passer des familles persécutées par les allemands et la milice de Laval, vers le pays de la liberté, sans rien demander de plus qu'un sourire.

Les chasseurs alpins  SS, veillaient à stopper toute immigration vers la frontière Suisse, car il n'y avait sans doute jamais assez de juifs  à parquer et à gazer dans les camps de la mort. 

Sébastien, solitaire et amoureux de ces montagnes, courait les alpages remplis de fleurs, de chamois, de ruisseaux chantants.

Assis sur les hauteurs dominant la vallée, il contemplait, amoureux et émerveillé, cette nature si belle, ses marmottes curieuses et comiques, se dressant sur leurs pattes arrières, ses chamois si agiles, l'aigle des montagnes, tournoyant au-dessus des  vallées.

Un aboiement se fit entendre, se retournant il vit la bête, une grosse bête sale, il l'a regarda, avec les yeux innocents d'un enfant. Elle se rapprocha doucement de lui, sans grogner, il tendit la main, mais elle se sauva, pensant sans doute qu'un bâton allait surgir, pour la frapper.

Sébastien aimait trop la nature et les animaux pour lui faire le moindre mal, il ne savait s'il l'a reverrait, mais il l'a savait gentille cette grosse bête...

Mais le destin, devait les réunir, eux les délaissés, les mal aimés.

Il l'a revit avec bonheur, et le bonheur semblait réciproque.

Il parvint à force d'amour et de respect, à l'approcher, gagner sa confiance, puis la caresser.

Trouvant qu'elle sentait vraiment trop mauvais, il l'entraîna, vers une petite cascade, et se baigna avec l'animal complice.

Quel ne fut pas son plaisir, quand il découvrit son pelage blanc comme neige, comme tu es belle, lui dit-il, 
je t'appelle Belle.

Belle et Sébastien, deux âmes pures, deux coeurs seuls, désormais unis pour le meilleur ou le pire, et le pire arriva en ce matin d'hiver.

Des paysans se réunirent au village pour décider de traquer et tuer la bête qui avait de nouveau décimé un troupeau. Ils s'armèrent de fusils, avec des balles pour gros gibier et partirent à la chasse de ce chien tueur, du moins le pensèrent-ils...

Belle et Sébastien jouaient près de la rivière au fond de la vallée, inconscient du drame qui se tramait, puisque son grand-père lui avait dit la veille, qu'il le chasserait de l'autre côté de la vallée.

Mais le grand père était rusé et bon chasseur, et se retrouva bien avant les chasseurs, face à son petit fils adoptif et à la bête, il arma son vieux fusil et mis en joue.

Sébastien se précipita devant l'animal afin de le protéger, suppliant son grand père de l'épargner, lui disant comme il l'aimait. 

Il leva son fusil, la larme à l'oeil, Belle se sauva vivement, pour se retrouver bien plus loin où l'attendait, 
chasseurs haineux et chiens excités.

Elle se sauva derrière un rocher, mais une balle l'a frappa à la patte arrière, elle gémit et se cacha  dans un petit renfoncement, cachette de son nouvel ami Sébastien.

Elle avait perdu beaucoup de sang et inerte attendait sa fin.

Sébastien qui détestait maintenant son papy, la chercha comme un fou, et finit par la trouver très affaiblie et blessée. Il l'embrassa, la caressa, lui criant son amour, lui petit bonhomme si seul d'avoir perdu sa chère maman.

La chienne trouva la force de le léger, un signe d'amour fort et émouvant.

Il essaya tant bien que mal de la soigner, mais Belle avait de la température, l'infection gagnait, elle ne bougeait presque plus. 

Il partit vers son dernier espoir, le médecin du village, un homme de coeur et de droiture, qui finit, sous les suppliques de l'enfant, de partir soigner ce gros ours blanc des montagnes, qu'on appelle berger des Pyrénées.

Le docteur, pour l'occasion vétérinaire, lui fit une piqûre , et partit le sourire aux lèvres, il avait sauvé deux êtres, que la malchance avait frappée.

Demain il sauverait d'autres êtres, des familles juives fuyant l'extermination de leur race, la Shoah.

Deux soirs plus tard, le docteur, médecin le jour, passeur la nuit, revint d'une mission et se blessa à quelques pas du village, il tomba dans la neige et subit le vent glacial.

Belle compris la détresse de l'homme de bien et alla à son secours, tirant le lourd traîneau sur lequel s'était réfugié, le pauvre médecin de campagne.

Elle fait fuir les loups affamés qui s'approchaient dangereusement d'eux. Devant la détermination et le courage du brave chien, les loups finirent par s'éloigner et regagner la forêt plus haut.

Le grand père et les habitants du village reconnurent la bravoure du chien et sa non culpabilité pour la tuerie des moutons, et de sale bête, l'appelèrent désormais aussi BELLE;

Belle et Sébastien pouvait enfin s'aimer au travers de cette grande nature, ces ciels clairs, ces sommets enneigés, le rire des marmottes, le ballet des chamois, et le vil des aigles.

L'été revenu, la guerre finit, deux anges désormais, parcouraient les champs de fleurs, deux anges, que le destin avait réuni pour cicatriser les souffrances qu'ils avaient chacun supporté.

Deux anges blancs, aux noms devenus éternelles : BELLE et SEBASTIEN.


Adaptation personnelle du dernier film de "Belle et Sébastien."

Marc de st Point.

Marc de St Point dans Littérature.
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