Dieu, un milieu entre rien et tout ?

Il y a plus d'un siècle, Nietzsche annonçait la mort de Dieu. Il était si convaincant que l'on la cru et qu'à la longue c'est devenu vrai, ou presque.

Puis Dieu a ressuscité. Il ressuscite toujours. Presque un vrai métier.

Il y a longtemps qu'il est arrivé sur terre. Il est même probable que Dieu apparut au premier humain qui s'est levé sur ses pattes et a regardé le ciel en grattant ses aisselles. C'est un fait : on sent ou voit souvent le tout-puissant là-haut, notamment par une nuit étoilée, quand, devant la beauté de la nature, quelque chose nous transcende.

Certes, Dieu n'est pas prouvé scientifiquement et on peut se demander s'il le sera un jour. Il reste que les astrophysiciens contemporains, à l'image de Trinh Xuan Thuan, savent parler mieux que d'autres de la mélodie de l'univers et qu' Albert Einstein, le génie des génies scientifiques, émerveillé par la nature, se définissait comme un nom croyant profondément religieux.

Entre Dieu et la science, c'est une vieille histoire qu'incarna si bien, entre autres, Blaise Pascal, puits de contradictions, passant sans cesse de la foi à la raison et inversement, entre des crises de doute ou de mysticisme.

C'est pourquoi reste intacte la force de ses pensées, où l'on trouve l'une des plus belles définitions de l'être humain, hélas teintée d'un certain anthropocentrisme ( qui fait de l'homme le centre du monde): Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard  du néant, un milieu entre tout et rien.

Pascal a tout dit avec son pari : il faut trancher une fois pour toutes; décider que Dieu existe ou n'existe pas, c'est selon, et puis s'y tenir. Du moins quelque temps, jusqu'à la prochaine " révélation ", dans un sens ou un autre. Intuition sublime, la pari pascalien demeure une réponse définitivement actuelle aux
questions qui, depuis la nuit des temps, tourmentent l'être humain.

L'homme n'est pas seulement une machine à fabriquer des dieux; c'est aussi une usine à produire de la raison et de la science pour arriver à cette vérité qui semble s'éloigner de lui à mesure qu'il s'en rapproche.

Telle est notre condition. Alors que s'agrandit sans cesse le champ de nos connaissances, un domaine reste inaccessible à la science, celui de la foi, où nous demeurons libres d'inventer notre propre vérité.

C'est le dernier domaine où nous pouvons encore dire ou croire ce que nous voulons sans crainte d'être démentis par les faits. D'où la fascination qu'exerce Dieu, mort ou vif, sur le genre humain; il n'y a pas à 
s'agiter, agnostiques ou pas, laïcards ou culs-bénits, nous ne pouvons pas nous en passer........

Marc de St Point dans Littérature.
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