Emmenez-moi

EMMENEZ- MOI………….
Non, mais regarde moi ça ! Comment peut-on salir autant ? Et, bien sûr, à moi de trier, laver, repasser, ranger…Y’en a pas un qui bougerait le petit doigt !
Non, mais elle n’est pas sale cette chemise ! Monsieur aime faire le beau , un vrai coq au milieu des poules du bureau………et c’est moi qui frotte !
Oh ! ‘faut que je monte le son, j’adore cette chanson……  « Emmenez- moi…………. » Ah, ça !  y’a personne pour m’emmener ou que ce soit ! C’est pas lui qui m’emmènerait en weekend…..et pourtant…..j’y ai cru au début…..ça fait une paye !
« des idées vagabondes aux reflets de ciels bleus….. » Oui, Charles, t’as raison….j’aurais bien besoin de ciel bleu, parce qu’ici ça pleut comme vache qui pisse…et depuis des jours. J’ai l’impression de rétrécir  avec toute cette flotte et ce gris……… tiens ! comme ces chaussettes – gris – gris – gris – j’en ai plein le dos du gris !  «  J'aimerais débarbouiller ce gris en virant de bord………… » y’a pas à dire t’as le don mon Charles pour trouver les mots…………j’la débarbouillerais bien ma vie !
 Ben maintenant, j’lai pour la journée ta chanson dans la tête et j’ai envie de la gueuler, à tue-tête, qu’ils m’entendent tous….  « Emmenez-moi au bout de la terre.. » Y’en a peut-être un qui m’entendra, qui sonnera à la porte et me sortira de mon trou à rats ! Tu divagues, ma vieille………..et voilà, résultat, t’as tout mélangé ! T’as plus qu’à recommencer ! Qu’est-ce que j’ai fait du détachant ?
« …………..au bout de la terre. » j’avais la tête pleine de voyages, y’a  vingt ans. J’voulais tout voir. J’y serais allée si j’l’avais pas rencontré, si j’avais pas été assez idiote pour croire à ses belles paroles. « Paroles, paroles….. » ça c’est la sienne de chanson !
Résultat, le plus loin qu’on est allés, c’est Ostende, deux jours. Remarque, c’était pas mal Ostende, les petits ont aimé….
Regarde, c’pantalon, le grand l’avait déjà ! Faudrait que je le jette, mais, bon, il fera bien encore un peu. « La misère serait moins pénible au soleil.. »  Et pourquoi donc ? Le pantalon du petit  y serait moins élimé sous les Tropiques ? C’est débile ! Mais non, ma grosse, c’est toi qu’es débile…il courrait cul nu ton petit et personne n’y trouverait à redire ! ça, c’est sûr ! Ah, ben tiens ! Je l’entends qui descend l’escalier, la vieille bourgeoise du troisième. « Il va un peu aux moules…..ça grandit si vite à cet  âge ! »  Tu parles que ça grandit vite…………….vieille bique !
Et toi ! Regarde-toi ! Jette un coup d’œil dans le miroir ! Les rides, là, tu les vois. Vieille et moche, voilà ce que t’es maintenant !
« Je fuirais laissant là mon passé…. » J’vais le faire, un jour, tout plaquer, leur laisser le linge sale et le reste – y’verront bien ! «sans bagage et le cœur libéré…. » ça, c’est pas ce que j’pourrais emmener ! Faut pas rêver, j’irais pas bien loin avec mes 500 balles sur mon livret A, mais le cœur libéré, peut-être bien !
40°, essorage rapide….le blanc ce sera pour après………………….

smjfalco dans Littérature.
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