Le rock et les " yé-yé".

Oh Yeah ! En 1960, la vague du rock'n'roll déferle sur la France.

En mars, un certain jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, sort son premier 45 tours, t'aimer follement.
En septembre, il tombe à genoux et se roule à terre pendant un concert, en première partie de Raymond Devos.

Les adultes crient au fou, le jeune public, lui, exulte. L'année suivante, un festival de rock est organisé à Paris, au Palais des Sports. Scandale : des bagarres sont provoquées par des blousons noir.

La presse se déchaîne contre ces sauvages que l'on baptise " rockers ". Mais les jeunes s'en moquent : ils veulent du rythme, de l'énergie, de l'électricité. Et surtout, ils ne veulent plus de la musique de leurs parents de leurs parents ni des chanteurs trop sages . Quelques années plus tôt, en 1955, Gilbert Bécaud s'était montré précurseur et avait déclenché l'émeute pendant son spectacle de l'Olympia: fauteuils cassés, vitres brisées... " Monsieur 100 000 volts ".

Malgré les obstacles, le rock semble enfin prêt à prendre son envol en France. Dans un paysage musical qui a toujours privilégié les chanteurs, les groupes se multiplient et privilégient les formations serrées avec deux guitares, une basse, une batterie. Ils rivalisent d'imagination pour s'inventer des patronymes dans la tradition des formations américaines : les Aiglons, les Champions, les Lionceaux, les Pingouins, les Pirates, les Vautours, Danny Boy et ses pénitents, les bourgeois de Calais ........Sans oublier les chaussettes noires d'Eddy Mitchell, les Chats sauvages de Dick Rivers et l'ange noir du rock Français, Vince Taylor.

Mais le service militaire va tuer nombre de formations. La place est libre pour des modes musicales inoffensives, du twist au madison ou au surf, mais aussi pour les " Yé-Yé ". 

Leur nom est une adaptation francisée du célèbre " Yeah " qui ponctue les chansons américaines. Ce " Yeah" exprime la jubilation de leur interprète tout en permettant de faire tenir une mesure bancale. Les paroles de leurs chansons, d'abor adaptées de titres américains, leur attitude et leur musique semblent moins dangereuses et plus acceptables pour l'industrie du disque comme pour la moral de la société de l'époque.

Les Yé-Yé occupent désormais le terrain radiophonique et s'installent  dans l'émission " salut les copains ", même si Daniel Filipacchi continue de défendre la musique anglo-saxone originale.

Au milieu des années 60, la chanson aborde de nouveaux horizons. Nino Ferrer introduit l'humour et la bonne humeur dans ses textes tandis qu'Antoine se fait adepte de la provocation : dans les Elucubrations, il réclame la pilule en vente libre à Monoprix et suggère d'enfermer Johnny dans une cage au cirque Médrano.

Jacques Dutronc interprète des paroles signées jacques Lanzmann où percent l'ironie et le second degré.
Quant à Michel Polnareff, il traite de thèmes plus osés et chante l'amour physique sur des musiques plus ambitieuses.

Plus politisée et adepte de chansons à textes, dans la grande tradition française, cette nouvelle génération est parfois influencée par les sonorités du Rock comme Léo Ferré.

Ce qui n'empêche pas la chanson française de s'affirmer à travers la variété et de connaître son âge d'or tout au long de la décennie 1970, notamment grâce à la télévision et aux émissions de Guy Lux ou Maritie et Gilbert Carpentier. 

Marc de St Point dans Littérature.
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