Le salto du salaud

Le salto du salaud

Aurélie ABGRALL buvait son café matinal à 7 heures avant de commencer l’entraînement et les échauffements de la matinée… cela était un rituel nécessaire pour maintenir son corps dans un état permanent d’élasticité et de souplesse…pour le trapèze. Elle balbutiait une vielle chansons en espagnol qui lui trottait dans la tête et que son père lui chantait avec sa mère « el pueblo unido » et l’international en espagnol.

Ses parents avait fui le régime franquiste dans les années cinquante.  Il n’était plus possible d’exercer son métier de saltimbanque sans avoir des arrestations sur le faciès. Ses grand parents avait fui et s’était installés en France, à st malo, et ils la parcouraient de long en large lors des saisons estivales pour les spectacles.

Entre deux goulées de café elle sort de sa rêverie et de ses songes plongés dans les racines de son passé. Elle a comme le sentiment que tout ne va pas aller de soi aujourd’hui. Ses enfants sont à l’internat la semaine. Elle est seule avec sa maîtresse son amante depuis quinze ans sa partenaire sous le chapiteau comme à la vie. Tout va bien les amours se déroulent comme du papier à lettre les sentiments sont là et sont partagés.  « Mais y a comme une chose malsaine que je ressens au fond de moi » se surprend-elle à penser.

Une tristesse mêlée à de l’angoisse voilà exactement ce ressentait aurélie.  Comme un pressentiment ténébreux, scabreux …. Quand elle eut fini son café elle se dirigea d’un pas lourd vers la salle de bain pour ses ablutions. Sous la douche elle se remit à chanter ses vielles chansons qui lui mettaient du baume au cœur. Elle avait un corps splendide svelte et athlétique. Elle le savait et les hommes la regardaient au détour des rues ou lors de spectacles. Aurélie en jouait et aimait la carte de la séduction c’était un plaisir de femme et tant qu’il durerait elle en abuserait. Sa compagne Aurélia jouait aussi de sa féminité. Elles s’en amusaient toutes les deux auprès des hommes.

C’était un jeu courant dans leur couple. Elle sortit de la salle de bain, puis alla dans sa chambre. Aurélie savait pertinemment  qu’Aurélia dormait encore, elle attendait le dernier moment pour s’étirer comme une chatte et sauter du lit ensuite et foncer dans la cuisine puis dans la salle de bain. Alors en attendant elle va chercher le pain comme d’habitude. Quand elle trouva ce mot sous la porte :

«  Sur le trapèze, joue la femme
Quand le saut aura lieu
Pas de filet pour sauver ton âme
Une fois que ces mots ont été à portée de tes yeux»


« Qui a bien pu écrire ce mot infâme et bien étrange ? » se dit aurélie.  Aurélia !  crie–t-elle, vient ici lève-toi ! Maintenant ! Je t’en prie ! J’ai besoin de toi ! Je t’en supplie !... hurle-t-elle. Aurélia arrive en furie, les yeux hagards, toute nue ; « qu’est ce qui passe à la fin ? » Aurélie qu’as –tu ? Je t‘en supplie réponds moi… !!!
Aurélie était étendue au sol le papier à la main en train de suffoquer. Allongée et toute tremblante aurélie avait son corps tout rempli de spasmes.  Le bout des doigts étaient noirs d’encre. Quelques secondes passèrent  et le souffle d’aurélie s’arrêta…son cœur de battre… son pouls stoppa… Aurélia hurla « Aurélie… non pourquoi !  Au secours à moi »


A bon père bon entendeur,


Plus de trapèze plus de baisers….

Le père d’Aurélie, Julio, 85 ans, était stoïque devant Aurélia qui venait de lui apprendre la nouvelle du décès d’Aurélie qui lui paraissait étrange pourquoi ses doigts étaient noirs.  L’autopsie révèle que le mot qu’elle avait eu entre les mains était imbibés d’une encre empoissonnée doté d’un puissant neurotoxique qui agit sur le cœur. Henri le frère avocat le lui avait confirmé par téléphone. Il arrive dans la matinée à la maison de retraite. Aurélia souffrait de l’absence d’Aurélie. Son frère Pablo dit le golfeur avait hurlé sa douleur au téléphone il arrive également dans la matinée. L’agent de police avait affirmé que c’est un meurtre avec préméditation, quand le poison est l’ingrédient. De plus ce type de meurtre implique des vengeances froides. Le père des enfants d’Aurélie arrive également apprenant la nouvelle, Roudino voudra réclamer la garde des enfants lui qui en avait été exclu pour cause de violence. Voilà tout ce petit monde se réunis à la maison de retraite Aurélia ne se sent pas à sa place.
Pablo est le premier a arriver à la maison de retraite ;

Fabien Rogier dans Littérature.
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