Nouvelle érotique

Et vous, qu'allez-vous rater aujourd'hui ?

     
La journée est terminée. Le soleil se couche, tout rosé, laissant la moiteur du jour à la fraîcheur d'une nuit d'automne. Marc est usé, vidé, lessivé. Il serait temps de rentrer. Sûr que Sonia, sa femme, lui aura préparé son dîner et l'attendra sagement sur le canapé, livre et tasse de thé à la main ou devant un film, le plaid sur les pieds. Mais ce soir, Marc n'a pas envie de rentrer... il prend sa voiture et se laisse pousser par le vent qui commence à souffler.

       Un groupe de jeunes, deux filles et quatre garçons, se dirige vers un bar de nuit plutôt cosy. Un établissement comme on n'en fait plus. Deux salles ; on entre dans la première et on ne se rend compte de rien : un bar lambda. Si on prend l'escalier... c'est le septième ciel ! Il y est déjà allé avec un collègue. La soirée avait été mémorable. Tout comme le retour à la maison au petit matin ! Il avait promis, on ne l'y reprendrait plus ! Il hésite, ralentit, arrive à leur niveau puis repart, l'air de rien. Le feu est rouge. C'est décidé, à ce carrefour il fera demi-tour !

        L'air jazzy se fait déjà entendre. Il n'avait pas le souvenir que l'escalier était si long... il pose sa veste et voilà que déjà la belle brune lui apporte une coupe. Elle est sublime, toute en subtilité, toute en sensualité. Ils trinquent et prennent quelques gorgées. Elle parle mais il ne l'entend pas, les pensées coupables, les yeux dans le néant. Pourtant il aurait bien moyen de les promener ailleurs que dans ce néant ! Ce magnifique déshabillé de soie noire qui laisse entrevoir une guêpière corsetée, ornée de guipures et de dentelles, aussi délicates que ces deux beaux seins hâlés par un soleil vahiné. Et ces bas ! De véritables bas de nylon. Coutures, comme il les aime, mettant en valeur de jolis galbes. Les escarpins ne gâchent rien, même si finalement, reprenant ces esprits, ne pense qu'à les retirer ! Elle a tout compris et d'un clin d'œil l'invite à la suivre dans la mezzanine. -Séquence souvenirs- .Plus un mot. Son rythme cardiaque commence à s'emballer, il desserre sa cravate qu'elle finit par lui retirer langoureusement, approchant suffisamment sa généreuse poitrine pour qu'il en devine la tenue, le parfum. Fatigue ou excitation, le voilà qui se met à trembler !! Il la prend par la taille et va pour lui dévorer son décolleté quand elle le repousse et se retrouve acculé sur la méridienne. Il se reprend, interloqué. Elle s'éloigne et tire un lourd rideau de velours, se tourne pour augmenter à peine le son du lounge jazz propice à tous les rapprochements, lui offrant un cul à damner tous les saints. Tout en rondeurs. Aussi doré et appétissant que le reste. Un de ses culs que n'importe quel homme rêverait d'emplir d'amour. Elle attrape la barre de pôle-danse qu'il n'avait même pas remarqué et se lance dans un déhanché subtil, sans la moindre vulgarité, encensant Marc comme un jeune premier. Son pantal'on se déforme au rythme du vacillement de ces longues boucles, caressant là une joue ou ici un sein qui commence à s'offrir. La belle, dans son tempo lascif, tire doucement le ruban délivrant les deux joyaux aux mamelons foncés, le dos plaqué contre la barre, s'accroupissant dans une langueur fébrile puis se redressant tout aussi lentement, jouant avec les jarretelles, la main filant sous l'une, puis remontant caresser l'intérieur de sa cuisse, son ventre et.... Marc n'y tient plus et se lève pour l'embrasser fougueusement. Les souffles sont courts. Le nez déjà plongé dans l'opulente poitrine, il s'abaisse et la soulève sans cesser de la dévorer et la dépose à son tour sur la méridienne. La lumière tamisée sur ce teint magnifique lui offre un tableau divin dont l'œil ne saura se satisfaire. Aucune raison de se retenir davantage. Il lui laisse ses guipures, se met à nu et se fraie un chemin de plaisir sous les dentelles. Un coït à la fois sauvage et sensuel, informel et tendre. Jouissances. Râles. Moiteur. L'envie s'est consumée aussi rapidement qu'une allumette et affectueusement, l'un sur l'autre, se délectent d'une tendresse oubliée quand on frappe à la porte. Marc se lève rapidement en enfilant son boxer avant d'ouvrir.

- « Papa, j'ai fait un cauchemar. »

CrayonGris dans Littérature.
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