Prologue - Le manoir de Solferino

Prologue Le Manoir de Solferino
Les derniers survivants


Préface de mise en garde :

Seriez-vous prêt à vendre votre âme à Lucifer et sa myriade d’enfants mal-nés, dans une lecture nauséabonde de putréfaction en découvrant ce récit vomitif ? Seriez-vous prêt à avancer quoi qu’il vous en coûte dans les labyrinthes de pensées alambiquées et malsaines ? Quitte à en perdre la raison, ou le peu de jugement qu’il vous reste sur la profondeur de la race humaine, comme j’ai pu défaillir après ces années d'atermoiement avant d’écrire « le Manoir de Solferino » ? Car dès que vous franchirez le seuil fétide d’avilissement de l’esprit, il sera trop tard ! Souvenez-vous-en.

De même que vous claquerez la couverture pour clore la lecture que vous avez entamée. Et bien même, vous jetterez cette œuvre dans l’âtre pour en brûler le contenu. Le parfum qui en découlera, brûlé par les flammes passionnées de toute fin, cet encens de défiance vous pénétrera par vos orifices respiratoires et rongera vos poumons jusque dans les affres d’une agonie sans fin. Ce livre est nuisible, mais il est trop tard pour faire marche arrière, oui il est trop tard pour revenir au point zéro de votre destinée. La voracité en tant que lecteur -dont vous désapprouvez d’avoir posé vos yeux sur la première ligne- consommera votre for intérieur en douleurs sans appel et vous plongera dans l’antre de la folie. Et si vous arrivez à en sortir sain d’esprit. Votre lucidité, ou ce qu’il en restera fondra dans la masse poisseuse des écrits de noirceurs de l’âme du maître en ces lieux, le Manoir de Solferino.

Pas la peine de vociférer vos exclamations de dégoûts, pas la peine d’écouler vos fiels en me maudissant. Je vous avais prévenu dès la première ligne de ce récit. Ce livre des derniers survivants est malsain. Il s’en approche « des chants de Maldoror », même si j’ai lutté longtemps pour ne pas me convenir d’une forme de plagiat sur le récit vécu du comte de Lautréamont. Même si je fus tenté pour narrer ce récit d’une manière plus appropriée et adoucir certains faits pour une lecture plus délectable pour le lecteur, m’approchant parfois de l’Appel de Cthulhu, ou de la narration avant-gardiste comme ce fut le cas avec les écrits d'Howard Phillips Lovecraft, au milieu du XXe siècle. Il ne m'est pas possible de vous encenser le suc élitiste d’une chronique perfide sur le pourrissement de l’âme à la noirceur des ténèbres du maître de Solferino.

Je m’alloue, sans n’être point affecté par la compassion ou l’antipathie, d'une aubade réfléchie et austère que vous allez percevoir au fur et à mesure de votre lecture, que cette histoire semble réellement étrange. Comment je devins l'infortuné biographe de cet homme répugnant –dont je vouais un culte sans merci. Cette histoire fut affirmativement riche en expériences. Elles accorderont la haine de mes contemporains à mon égard, tristes reflets des miroirs brisés d’une chronique déjà annoncée. De ce récit, le plus juste possible des faits qui se sont imposés en ma personne, je ne suis que le colporteur d’altération des sens et la découverte d’un monde, jusqu’à présent goûté par des hommes rejetés de la société actuelle. Au sommet de la hiérarchie –triangle isocèle de la Sainte Trinité de la face ténébreuse de nos désirs les plus infects– l'homme est donc roi. Entre folie et moralité, la perception entre le bien et le mal semble dotée d'une frêle frontière dont je fus le jouet chaque jour ; de tous ces faits, je les ai vécus.

Hubert-Tadéo Félizé dans Littérature.
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