TCHARMIL STORY

TCHARMIL STORY
Soyez heureux, vous, que la bonne étoile vous à fait écarter de mon chemin. Autrement vous serez délestés de vos objets de valeurs avec une balafre en prime.
Le fleuve de la misère nous a charrié ma famille et moi vers Casablanca la jungle. Il nous à déraciné de la région du Haouz, qui a connue la pire sécheresse des années 80, pour nous arrimer à un sol bréhaigne ou pousse uniquement la vermine. Notre terre, un terrain aussi grand qu’une peau de chagrin, est spolié par un riche propriétaire avec la complicité d’un agent d’autorité. Mon père à vendu aussi la vache et le mulet  notre seule richesse.
Armée d’espoir notre famille se dirige vers casa, la métropole magnétique, qui attire richesse et misère. Nous avons atterrit  dans un bidonville face au cimetière ERRAHMA. Nous sommes hébergés par un oncle lointain, en reconnaissance d’une dette que mon père lui avait octroyé dans une situation désespérée. La baraque, un amas de tôles ondulées de planches et du plastique, était un vrai labyrinthe. Les séparations sont faites avec des morceaux de tissus, d’une saleté repoussante. L’intimité, n’avait aucune signification dans cet univers, ou les barrières s’estompent et les individualités fondent dans la masse. Notre arrivée n’était pas de bon augure. Ma famille se composait de mes parents, mes deux petits frères et ma sœur handicapée. Ma mère n’était pas belle, mon père non plus. Nous les rejetons on avait des tranches repoussantes. Aucun charme aucune harmonie ne se dégage de notre physique. M a petite sœur était d’une laideur insupportable. La nature se délecte en exerçant son sadisme et sa tyrannie  sur ma famille. Notre oncle vient proposer à mon père la possibilité d’acquisition d’une baraque à vendre. Mon père a sauté sur l’occasion. Enfin nous avons notre propre demeure.
L’école se trouve à 4 kms de notre Douar. Toutes les occasions étaient bonnes pour sécher les cours, particulièrement la pluie. Le terrain boueux devient impraticable même pour les bêtes. Les maitres dont la présence sporadique coïncide généralement avec l’arrivée de l’Inspecteur, trouvent incompréhensible le faite de dépenser des énergies inestimables pour alphabétiser la plèbe, que le sort à destinée à pourrir la vie de la société.
J’ai fumé mon premier pétard à l’âge de 10 ans. C’était une expérience inaltérable. Mon cerveau était ensuqué pendant plusieurs heures. Je n’avais aucune existence matérielle, je planais dans un univers insondable qui beigne dans une lumière magique. Un mois après j’étais accro. Lest ennuis commencent à m’empoisonner la vie. J’avais un besoin impérieux d’argent. Hamid ould cycliste, le dealer de notre bidonville me faisait crédit. Mon ardoise devenue tellement lourde qu’il me somma un soir avec une bonne raclée. Il me donna rendez vous la fin de la semaine pour  éponger mes dettes. J’avais une peur bleue, cet énergumène était tellement violent qu’il terrorisait même les Douars avoisinants. Il était d’une bestialité inégalée. La peste était plus clémente que lui. Avec mon cousin, une tête brulée, j’ai planifié le vol de la bague en or de ma mère. C’était l’unique issue pour m’en sortir. Ma mère gardait  sa bague dans une boite qu’elle cachait au milieu de ses habits. J’ai profité de son absence et je me suis introduit insidieusement dans la barque et le larcin est consommé. Hamid ould cycliste avait les yeux exorbités à la vue de la bague. Il me tapa délicatement sur l’épaule, et me traita d’Homme de parole. Venant de sa part c’était un label de respectabilité.
Plus j’avançais dans l’âge et plus ma figure devient inhumaine, même le miroir refuse de réfléchir mon visage. La teigne a fait des ravages sur mon crane, une protubérance sur mon front et l’acné infestant  mes joues me donnaient un air diabolique. Personne ne pouvait fixer du regard ce visage répugnant. Certaines nuits il m’arrive de pleurer dans un silence religieux. Mes larmes étaient sans sel se frayaient un chemin parmi mes boutons pustuleux pour atterrir sur mon oreiller crasseux. On m’a forcé à venir dans ce monde. Juste pour assouvir un simple plaisir bestial de deux êtres, une vie éclos. Une vie aussi sombre que la noirceur de mon âme démoniaque. Un soir, lors d’une querelle avec une bande adverse, j’ai eu le privilège d’avoir une entaille par un tesson. La balafre sur mon visage hideux, creusait un sillon profond sur ma joue. Le sang giclait, pourpre et chaud, je sentais une immense joie m’envahir, enfin le seul galon qu’il me fallait pour pénétrer dans le cercle des grands.
Mes activités étaient confinées au périmètre du Douar. Je déplumais avec mon cousin, les voisins et les égarés, c’était sans gloire. J’ai élargis mon rayon d’action vers le cimetière ERRAHMA. C’était un lieu mystique, une colline verdoyante qui surplombe l’océan. Les tombes disposées dans un ordre parfait, sont envahit par des herbes folles. J’ai jeté mon dévolu sur cet endroit parce qu’il recèle une richesse inestimable. D’une part il y’a les visiteurs fragilisés par la perte d’un être cher, donc plus dociles plus  généreux ; et de l’autre une nuée de mendiants sans scrupules qui exposent avec art leurs handicaps. Ils récoltaient des sommes impressionnantes. Je passais après la prière de laasr pour le butin. Le vendredi et dimanche, la mise était doublée en raison de la grande affluence des visiteurs. Mais par mauvais temps je m’abstiens à prélever ma dime. Les premiers jours des résistances se sont manifestées, des coups et des intimidations étaient nécessaires pour mettre les récalcitrants au pas, et depuis ils obtempèrent.
Ma famille vit désormais dans des conditions meilleures qu’a l’arrivée. Personne ne pose de question sur l’origine de l’argent. Un silence complice et pudique gâché par un regard accusateur de ma mère m’obligeait à m’isoler dans mon carré, seule ma petite sœur venait partager mes moments de solitude. Son sourire rebutant qui laissait apparaitre des dents jaunes, une haleine putride se dégage de sa bouche, mais qu’importe elle me procure joie et bonheur. Elle raffolait de sucreries, sa bouche devenue simple cavité aux lèvres arides, sa dentition abimée  de façon irréversible par une carie envahissante, remplissait notre cabane de vie. Mon père n’a jamais été un acteur dans la vie il remplissait le rôle de figurant. Ma mère, n’avait rien de féminin, despotique, lunatique et sans vergogne, elle a périclitée l’image du père. Sa réputation de mégère n’est plus un secret pour les voisins.
Mon succès auprès des femmes était quasi nul, en raison de l’iniquité de la nature qui s’est ingénié à me confectionner la tête la plus hideuse, la plus repoussante. Halima, notre voisine une divorcée qui subie la tyrannie d’un père alcoolique, n’a pas résister a mes avances. Elle était mon refuge et j’étais son bouclier. Elle était chétive, les attributs de féminité sont à peine perceptibles. C’était l’ombre d’une femme. Son père, marchand ambulant, feint ne rien savoir de notre liaison pour éviter ma colère. Halima est devenue mon unique univers, mon défouloir, mon jardin secret, avec elle je réalise ma masculinité, j’évacue ma rage, ma haine contre la société, mes parents et le destin qui a refuser de mettre fin à mes souffrances.
J’ai acheté une moto. C’était un moyen indispensable pour déterritorialiser mes activités vers la métropole. Avec mon cousin je sillonnais les quartiers à la recherche du meilleur pâturage.  Maarif est le quartier huppé de Casablanca, il offre des opportunités prometteuses pour mon activité. Les enseignes les plus prestigieuses se sont installées dans ce périmètre doré. Mon cousin se chargeait du vol à l’arraché. Une technique que nous avons développée par d’intenses exercices avec la collaboration de Halima. La conduite et la topographie du quartier, n’ont plus de secret pour moi. Le samedi, était le jour de tous les risques. Une marée humaine prend d’assaut les boutiques du prêt à porter. La junte féminine était nombreuse, mon travail est moins laborieux. La femme être docile, craintif et résigné, cherche rarement la confrontation. Elle cède facilement sous la menace du sabre au clair. Le butin du samedi, surtout la fin du mois était la corne d’abondance. Il couvrait largement mes besoins et ceux de ma famille. Mon cousin avait droit au quart des prises. Je suis devenu un fléau pour le commerce. Plusieurs pétitions sont adressées aux autorités par les commerçants pour mettre fin à mes forfaits. Mais je parvenais souvent à déjouer tous les traquenards des policiers. Les patrouilles motorisées ne peuvent mener à terme les poursuites. C’était un suicide inévitable. Moi je défendais ma peau, eux un misérable salaire. Ma belle étoile m’a toujours protégée contre d’éventuels démêlés avec la justice.
Je suis devenu une icône pour les jeunes du Douar. Je représentais la force pure, la dextérité et l’impavidité. Mes exploits sont devenus légendaires. Lors des beuveries de jeunes, ils racontaient avec fascination et admirations mes prouesses et mes aventures. Ils s’identifiaient à moi. L’ascenseur social qu’ils attendaient à l’école n’était pas au rendez vous. Il fallait l’attendre ailleurs. La société nantie n’a qu’une phobie : la violence. Alors que la violence est notre quotidien. Depuis notre enfance la violence est à la base de notre système de valeurs. Les faibles n’ont aucune chance de survie dans notre univers. La violence est notre fond de commerce : plus on est violent, plus on est craint et par conséquent les offrandes sont déposées devant tes pieds pour atténuer ta violence.
C’était un samedi, Maarif était bondé de clients. C’était la veille de l’Aid.  Sur ma bécane, avec mon cousin, je rodais dans les ruelles surpeuplées pour repérer le pigeon idéal. Mon cousin se dirigea vers une jeune femme qui avait le sac en bandoulière.  Il l’a menaça avec son sabre. La jeune femme poussa un cri effroyable. Mon cousin se trouva piégé, encerclé par une foule déchainée, il se défenda avec stoisme. Je n’ai pas pu l’abandonner à son sort. J’ai couru à son secours. La marée était plus forte, je me suis retrouvé au sol. Mon cousin criait de douleur. Le cercle se défait. Deux policiers se présentaient menottes aux mains, ils nous ligotaient. Je regardais mon cousin, il était livide, les yeux grands ouverts laissaient apparaitre une grande angoisse. Les insultent fusaient de partout. Ainsi s’achève le premier acte de ma vie de scélérat

haroun8 dans Littérature.
- 315 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.