Une jeune fille comme il faut

Ce texte est une réponse à Une jeune fille comme il faut de Ramon Pipin de Lucie Laval.
Bonjour,

Désolé que mon bouquin ne vous ait pas séduit(e). Cependant permettez-moi de répondre à quelques critiques. 
1/ Vous trouvez que l'intrigue est convenue. Ainsi que les personnages. Cependant il y a ce flic au bout du rouleau, fan de blues rural et guitariste médiocre, scotché sur le passé (la DS21, pas un ordo ni un portable dans le livre) et en particulier les années 50-60 ; ce crétin patenté moscovite ; cette vieille russe aquariophile, et cette jeune Naja "un petit animal innocent, amoral, ni bon ni mauvais, simplement en quête de sa ration d'excitation et de plaisir" (M. Houellebecq) ne me semblent pas si courants. Cette jeune Naja que vous qualifiez de blonde et inculte. Oui elle est blonde, mais plus en référence hitchcockienne qu'en référence aux blagues qui circulent. Et non elle n'est pas si inculte que ça (elle s'intéresse à la poésie, à la musique) mais use de cet artifice lorsqu'elle le juge nécessaire pour parvenir à ses fins. 
2/ Vous trouvez la fin prévisible. Elle m'a été inspirée par un passage de "Pastorale américaine" de P. Roth et là, je vous tire mon chapeau ! car autant une scène de violence physique eût été convenue, cet hommage à Raoul Walsh et son "White heat" — qui ne vous aura pas échappé— où l'arme n'est que factice, le vecteur de sa rancœur étant son corps de jeune fille, je l'ai peu lu également, voire pas. D'ailleurs vous évoquez les pulsions pédophiles de Paul. Mais où ? Dans quel passage ? Il n'y en a aucun. Il prend conscience de sa finitude et c'est la jeunesse exultante de Naja qui lui ouvre définitivement les yeux. A aucun moment d'ailleurs, contrairement à ce que vous suggérez, et surtout pas dans cette scène, il n'y a de pulsion pédophile. Et pédophile ? Elle a 17 ans, l'âge de la maturité sexuelle en France est 16 ans.
3/ Les dialogues sont datés. C'est possible, mais Paul est daté lui aussi et ses références comme je le disais vont plutôt vers le cinéma de Verneuil que vers le rap de Booba. C'est compréhensible. Par mimétisme, amour ou respect, son fils lui ressemble et tente de s'émanciper grâce à Naja. Quant à elle, elle "joue" avec les mots et est bien plus maline à mes yeux qu'elle n'y paraît.
je pourrais bien sûr en parler des heures durant et croyez bien que j'ai simplement voulu éclaircir des intentions. sans doute n'y suis-je pas parvenu à vos yeux et je le regrette. je vous remercie néanmoins de votre intérêt à mon ouvrage. Sincèrement votre. 
Ramon Pipin

alain.ranval dans Littérature.
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