Victor Hugo

Victor Hugo est un grand optimiste, mais il n'a retrouvé la lumière qu'à travers des épreuves indicibles et 
un sens du déclin hors de proportion avec les conceptions béates de l'avenir. Jusqu'au bord de la 
rédemption, l'épopée humaine reste pour lui " âpre, immense, écroulée" tour de Bible abattue, tour abolie, temple éventré, " laissant voir de l'abîme entre ses pans confus ".

Premier volet : une part d'ombre.

" Le charnier chantera dans l'horreur qui l'encombre,
et sur tous les fumiers apparaîtra dans l'ombre, un Job resplendissant "

" La ruine, la mort, l'ossement, le décombre, sont vivants."

Victor Hugo reste pour moi, celui qui a su faire rimer encombre avec ombre et décombre, mais en y esquissant des possibilités de vie indiscernables aux yeux de ceux qui ne sont pas éduqués aux
fulgurances de l'initiation.

Le mur des siècles n'est plus d'un seul tenant, continu et compact, mais disloqué, pantelant, tronqué :
" Au lieu d'un univers, c'était un cimetière ". 
Loin de séjourner en plein ciel, l'humanité ne sait que serpenter entre la Fatalité et Dieu.

Sa méditation appartient au style des descentes aux charniers de l'histoire.

Mais les charniers ont aussi leur lumière.

"O Songeur, fallait-il qu'en ces nuits tu tombasses !" 

Ces nuits ne sont pas si sombres que quelque prodige ne les anime, dans le pur esprit de Virgile.
L'homme n'y paraît pas comme la figure d'un humaniste borné où il se contenterait d'un simple 
" escarpement " séparé de la vie totale, mais comme un milieu dans la guerre des rayons et des
ombres où l'univers trace ses avenues : " Tout commence en ce monde et tout finit ailleurs ".

Marc de St Point dans Littérature.
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