3 poèmes expliqués par M. Salah Ben Amor


 Horizon de pensées éparses

 Je scrute les voix sans timbres pleurant de haines,
Dans vos regards navrés et dans l’orage gris
Où viendront s’offenser sur ces larges replis
Les vaisseaux des âmes ; -longeant les mornes bennes.-

Si une main amie cultive tes pensées
Pour refleurir la tombe et cueillir tes désirs,
Au gré de l’eau si claire, alors j’épongerai
Tous tes maux prétendus pour panser ton zéphyr.

 Qui pourra restituer, ici, dans ce silence,
Un statut ou un sens à la peine insensée,
Qui t’afflige sans cesse une vie de souffrances ?

 L’aube de l’horizon épouse nos cieux las,
Et déjà s’éloigne des distinctes terrasses
De nos âmes perdues dans le vent balancé.

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 Une vie à deux

 Et si découvrir les ombres de nos ombres,
Dans le silence vélum naissant de nos soupirs,
Nous ramenait à la douceur de la pénombre,
Dans les fragiles nefs de nos plaisirs.

 Et si redonner du temps au temps qui déjà s’enfuit,
Dans les cris étouffés de nos voix parfois éteintes,
Nous poussait encore plus vers nos étreintes,
Jusqu’aux premières heures de l’aube, au-delà de la nuit.

 Et si violer la solitude de nos yeux au travers nos jeux,
Dans les lents instants à coup de je t’adore,
Fragilisait un peu plus les accords de nos corps,
 J’aurai l’impression de faire quelques envieux.

 Et si tout simplement, je t’aimais dans le gris
De nos nuits éclatantes sans paroles,
Deviendrais-je Saint homme avec sa parabole,
Et illuminerais-je le couloir sombre de ta vie ?

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 Vents interstellaires

 Noire harmonie des vents interstellaires
Dans le vide gelé de nos envies,
Neptune nous contemple de ses yeux froids,
Juste un dernier combat conte l’asthénie !

 Noire résonance des vents interstellaires
Dans les signes aveuglants de nos envies,
Jupiter l’effrayant entre en scène,
Pour tous ces jours qui nous lient !

 Irruption ! Entre passion et émotions,
Tel l’acide de nos larmes abandonnées,
Sur le sol lunaire, aux vents interstellaires,
Et l’ombre de minuit qui nous fuit, déjà !

 Mars en toi, Vénus en moi, tout se mélange,
Dans nos fusions passions à l’horloge
De nos âmes écorchées, accrochée à l’ange
D’un astéroïde perdu dans les vents stellaires.

 L’éclat des naines blanches interfère comme
Un ancien rituel sur nos vies, peux-tu me dire
D’où viennent ces vents interstellaires
Qui nous emmènent jusqu’à chez nous ?

Mohamed Salah Ben Amor‎ à IchraQ Editions : le 19 mai 2015.

"Hubert-Tadéo Félizé est né en 1966 à Amiens, Somme(France).

Il est autodidacte. Sa poésie, si elle retient l’attention par son orientation lyrique, contemplative et philosophique, il n’en demeure pas moins qu’au sein de cette même sphère thématique les sujets qu’il aborde sont d’une extrême diversité (l’espace urbain en tant que lieu d’exil ou refuge – rupture du Moi avec le milieu ambiant et l’univers tout entier – émotions ressenties à l’intérieur d’une cathédrale - impressions suscitées par les guerres ou les intempéries…) et ne se répètent que rarement et partiellement.

Stylistiquement, son écriture se caractérise par deux traits constants :

l’élégance avec laquelle il exprime les idées partielles qu’il met en œuvre presque au niveau de chaque phrase et le choix des détails minimes évocateurs qu’il exploite pour créer l’atmosphère poétique.

 Ses recueils de poèmes :
Traces de moi, édition Lulu, Paris 2012 -
Le verger des larmes, édition Lulu, Paris 2013 -
Divine face obscure de la lune, édition Lulu, 2014.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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