A l'approche de l'hiver

Cette feuille, vois-tu, m'a l'air bien mal en point.
Déjà les éclats rouges qui doraient ses contours
Ont fané prématurément. En mal d'amour,
L'arbre nu s'est figé face au vent qui le plaint.

Ce ciel épars, tu vois, a l'air au bord des larmes. 
Les nuages s'amassent en étouffant le jour
Formant, implacables, de leurs sombres atours
Un grand Tsunami noir, sans scrupules et sans charme. 

Et l'air, l'air, le vois-tu ? Il a l'air d'un fantôme !
Il expire de ta bouche : ses étranges contours
Sont glacés et si blancs... Doucement il t'entoure...
Vaporeux, sec et froid, sans forme et sans arôme. 

As-tu vu dans le ciel passer les grues au loin ?
As-tu vu ce grand homme austère et grisonnant ? 
As-tu vu son regard qui te glace le sang ? 
As-tu compris, enfant ? c'est l'hiver qui s'en vient.  

Lucie Laval dans Poésie.
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