A l'ombre d'un été

Elle m'a dit un mardi à la plage
Sous l'azur qu'avaient fui tous les nuages,
Que j'étais bien le plus doux des soleils
Qui lui avait jamais caressé l'œil.

Je lui ai dit, et nous nous sommes dits
Mercredi, jeudi, et à l'infini,
Qu'ici-bas le temps était bien trop court
Pour passer ses jours à compter les jours.

Et nos dix doigts, si joyeux, si fébriles
Ont cueilli comme l'on cueille en avril,
Ces pétales qui fleurent le bonheur,
Et font s'écouler trop vite les heures.

C'était à l'ombre de la saison bleue,
La jeunesse coulant ses jours heureux.
Deux vraies colombes dans les bras du vent,
Une empreinte dans le sable du temps.
               
Je lui ai dit un jeudi sur un quai
D'une voix par l'émotion truquée,
Qu'il fallait hélas démêler nos pas,
Car sur nous des feuilles pleuvaient déjà.

Et, sur nos deux corps encor enlacés,
Nos yeux encor éblouis ont pleuré
Pour la saison qui fut bien éphémère,
Et la fin de l'idylle trop amère ;

Nos lèvres encor ivres ont mordu
Comme l'on mord dans un fruit défendu,
A la chair du bonheur qui s'en allait,
En plein cœur du rêve qui s'envolait.

Et un soir, ma plume encore enchantée
Sur le mur des rêves d’éternité,
A gravé ce délicieux souvenir
Pour l'ennui des jours de pluie à venir.

Ce sera un jour du bois mort dans l'âtre
Des vieux jours défleuris, froids et blanchâtres.
Un peu de chaleur dans un cœur flétri,
Douce lumière au couchant d'une vie.

Constant dans Poésie.
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