Absinthes

Où est passée la fée verte des vieux boulevards
Toi qui, disparue, apparaissait dans la Loue,
Même sous l'interdiction de Pasteur et de Bernard
Et la ligue de vertus interdisant l'alcool qui rend fou

Ceux qui prônent tous pour le vin
Alors qu'ils crient tous contre l'absinthe
Toi qui provoque pour des artistes, il est certain
La folie qui met en scène nos plaintes

Van Gogh t'a tellement aimé qu'il s'en est tué
Ô absinthe, affreuse scélérate des anciens temps
Qui t'a remercié d'avoir ainsi osé
Te remplacer par l'anisé maintenant.

Puis après de longues années d'absences
Te revoilà douce mie sous le nom de Versinthe verte
Et de dérives en dérivés, ta couleur verte
Revient en force, et dans les bars, tu te fais violence.

Même Barbara t'a chantée en soixante douze
Et du temps passé, derrière le comptoir
L'homme du bar, rituel en blouse
Nous reverse sur un sucre à la tombée du soir.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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