Aladin marcadieu

Qui ne connait pas Marcadieu, ce gueux barbu,
Cet errant, ce buveur, ce vieillard si connu ?
Il est partout, très populaire
Bavard, pointilleux, solitaire
Le voilà revenant de la ville voisine,
Mouillé de sueur, taché de sang,
qui guète chez Julia lodeur dun bonne cuisine.
Il saventure, frappe à la porte. Et Julia
Doucement ouvre au visiteur imprévu
Qui dun regard sur la table ça et là
Embrasse envieux une forme inconnue.

Soudain travaille son cerveau de mendiant
Alors il sapproche de la table doucement ;
Ignorant les regards de ses hôtes, curieux
Il empoche rapidement un morceau de poulet.
Pensant quil nest surpris, pauvre Marcadieux,
Il vient se placer devant eux tel un valet.

Observant silencieux ce petit dénouement,
Lépoux de Julia si doux si caressant
Salue le visiteur distrait et chétif
Qui laisse trainer sur lui regard naïf :
- Bienvenu au repas, notre bon ami !!
Impatient, voulant manger sa proie,
Aladin sempresse de répondre : froid !!
- Froid ?!! que veux-tu dire mon bon ami ?
- Jai froid. Laisse-moi men aller. Au revoir.
- Ne veux-tu pas prendre quelque chose à boire ?
- Non ! non ! laisse-moi. Je nai pas soif, pas faim.
Alors il reprend vite son chemin.
Et Julia regarde lénigmatique visiteur
Qui sen va remerciant Dieu dune si grande faveur.
Se tournant vers son mari, les yeux en feu
Julia dit : Doù vient cet homme si malheureux ?
Il doit peut être avoir une faim qui laccuse.
Il ne sait pas si nous lavions surpris.
Comment le saurait-il ? Répond son mari.
Lhomme vicieux est un inventeur de ruse.
Il va se glorifier davoir trompé Julia
Ne sachant que lun des bonheurs de lhomme sensé
Cest dêtre victime dun mal qui puisse le justifier.

Alors tous deux en riant achèvent leurs repas.

Davastruc dans Poésie.
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