Angles-sur-l’Anglin



Angles-sur-l’Anglin

 

J’ai vu ce matin des ruelles sans âmes

Un château en ruine se résignait au temps

Du silence de la vallée qui le blâme.

Pas une ombre silencieuse lentement

Se tournait à notre précieuse entrevue.

Voilà la cité basse qui danse sous notre vue,

Quelques clichés pour nous rappeler du village,

Fantôme des Rocs aux Sorciers d’un autre âge.

 

Angles-sur-l’Anglin se meurt dans la paix du temps.

Quelques enseignes d’autrefois et des murets

Soulignent la délicatesse entre le bleu et le blanc

Du ciel et de ses moutons cotonneux muets ;

Du bas du château, une sente remonte vers la cité haute

Croise une petite église abandonnée et inchangée,

Un Christ en bois quelconque attend la prière de la faute

D’une bigote ou d’un tout autre, C’est du silence de l’éternité

 

Du village d’Angles-Sur-l’Anglin que viendra la quête des abîmes.

Trop tard, pour la fête médiévale, pour le cortège,

Les fées ou bien des sorciers ont jeté quelques sortilèges.

Sont ces yeux qui au travers des persiennes nous vîmes ?

Et même l’église est fermée pour un concert de Beethoven

L’oiseau du Roc s’envole, l’aigle fond sur sa proie

Je suis le conteur du jour, celui qui a trouvé sa peine

Dans la solitude d’un village, d’une vallée et de son étroit

 

Passage de verdure, Si tu respirais l’air de l’ancien temps

Comprendrais-tu que plus rien n’a d’importance maintenant ?

L’angoisse de la mort disparait quand je toise l’amour ici-bas…

Comme d’une grande supercherie, un dernier pas

Dans les ruelles d’Angles-Sur-l’Anglin, aujourd’hui

Je marche dans une dernière fuite, la lumière qui luit.

Aujourd’hui, je respire les brumes de la cité médiévale

En attendant mon dernier jour qui me sera fatal.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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