Attention, danger !!!

Le Cid de monsieur Corneille peut visiter le jardin...


Avec moi, au jardin, l'enthousiasme s'élance,
Mes bras chargés d'outils ont une belle cadence.
Nous partîmes confiants comme conquistadors,
Nous nous vîmes figés en regardant tous bords,
Tant à voir les orties semblant faire de l'ombrage
La bêche et le sarcloir en perdaient le courage.
Proférant un juron, sans y être invitée
Je choies sur mon séant, sur la fourche lâchée,
Sur la scie d'élagage et sur le sécateur.
Je pousse le grand cri traduisant ma douleur,
Me couche sur la terre et perçois quelque bruit ;
C'est un groupe d'oiseaux qui des arbres s'enfuit.
Ce n'est pas le moment d'en penser un poème,
Sur mes fesses, le bleu sera mon seul problème.
Déterminée je suis, me dresse sur les genoux
Sans voir à cet endroit de bien vilains cailloux
Qui ne demandaient rien mais avaient un grand tort
C'est d'être mal placés et de couper très fort.
Pendant un court moment, je reste immobile,
Le souffle revenant je deviens volubile,
Employant de ces mots qui vous laissent surpris
Se demandant encor où on les a appris.
Enfin, en constatant que mes outils m'attendent
Malgré mon désarroi, mes chères mains se tendent,
Nous nous levons alors, moi et mon corps vaillant,
Prêts à continuer la marche en boitillant.
Contournant l'arrosoir, dans l'herbe, abandonné,
Je fais encore trois pas, de larmes aveuglée,
Un seul pas fût de trop, il fut même fatal
Quand je pris le râteau au milieu du frontal.
Des ondes de douleur gonflent comme des voiles,
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles,
Las, je comprends le sens de l'oxymore confus
Sous l'éblouissement d'une arrivée d'obus.
Je regagne le banc , j'ai le pas hésitant,
Et le combat cessa faute de combattants.

lalavandiere dans Poésie.
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