Ballade nocturne

La nuit, je deviens vagabond,

Un juif errant, le signe au front.

Un anneau aux éclats lunaires

Scelle mes lèvres solitaires,

Je parcours la lande affolée

Qu'agresse la bise enragée.

Priez, vous, pauvres citadins

Pour ne pas croiser mon chemin.

Des loups dévorés par la faim

Hurlent mon nom dans le lointain,

La neige habille les fantômes

Recourbés tels des majordomes,

En traversant les cimetières

J‘éveille tous mes anciens frères.

Priez, vous, pauvres citadins

Pour ne pas croiser mon chemin.

Tous les forbans ou sacristains

Dont l’âme appartient au malin,

Toutes les goules et rombières

Qui vont commérer aux enfers,
En un macabre carnaval,
Me poursuivent dans mes cavales.

Priez, vous, pauvres citadins

Pour ne pas croiser mon chemin.

Un jour aussi vous y viendrez

Quand mon pas lourd vous entendrez,

Priez alors, vous, citadins

Que je me trompe de chemin.

banniange dans Poésie.
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