Brûlante

Quand tu es devenu le roi d’un monde secret
Il n’y avait alors plus rien qui subsistait.
Les possibles, l’impossible, tout semblait effacé.
L’émotion seule soudain s’imposait souveraine,
Cisaillant sans partage, frayant en moi une veine,
Où jaillissait puissant l’envers pur de la haine.
Ta voix comme un trésor versait des paysages,
Profonds, prêts à éclore si tu chantais encore.
Je me perdais heureuse dans cette douce chaleur,
Nourrie du moindre mot, animée à la source
De cette clameur vitale débordant de ta peau.

L’inquiétant inconnu, tel un lointain écho,
Résonance d’un ailleurs, brillait d’une lumière crue.
Grand prince sur tes chars, tu forçais le passage
Ecrasant mes défenses, entrant sans crier gare,
Et l’âme désarmée, mes douves se couvraient,
D’un pont d’or sans levis offert à ton attelage.
Envahissant l’espace, éclipsant à l’instant
La plus belle des présences, tu occupais la place,
Magnétique et rieur, toi l’étoile fugace,
Épuisant mes ressources de tes gestes géants.
L’aube parée de ses voiles, myriades d’azalées,
N’offre pas un espoir à mon esprit pourtant
Car nous n‘avons le luxe de jouir du même présent.

Je suis bien moins qu’une ombre qui traverse les jours,
un fantôme caressant qu’on oubliera toujours,
peu importe après tout ; il n’est de plus grande joie
que d’éprouver en soi, même pour une heure unique,
éphémère et légère, la renaissance d’une foi.

audrey.irradiance dans Poésie.
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