CARCASSES

dans l’inesthétique compromis
en bordure des bruits raclés
sur leurs courroies d’asphalte
elles se rouillent passives

avachies presque rossées
dans une posture sanguinolentes
pour cause d’inertie motrice
elles se cambrent décortiquées
 
en limite des herbes étouffées
qui s’accordent avec l’immobile scindé
de poussières dégingandées
elles pavoisent pannes empilées
 
cabossées post carbone
dans des miasmes mécaniques
qui les plaquent inanimées
elles roussissent hors course

sous les fièvres ferrugineuses
qui les poinçonnent
à coups de passivité
elles se couronnent corrosion capitulante
 
débordées des saisons saccageantes
dans un inamovible concupiscent
elles s’opposent stock en cosses
à leur obsolète isolement

dans un croisement de corruptions
jonchées sur cette jachère jaunie
elles se décomposent
consomption dilettante

crasseuses disjointes
à la jonction de leur dépigmentation
elles se tassent tôles
engoncées dans des rôles d’usure
 
ferrailles sous la férule
des fatigues crasseuses
qui les enterrent sous un tempo défectueux
elles consultent leur silence abrasif
 

conspuées craintives
mais finalement affalées satisfaites
elles s’inaugurent figées défaillantes
dans les mièvreries crépusculaires

DELAOUJESUIS dans Poésie.
- 878 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.