C'était le temps des conquérants des airs.

Depuis des temps immémoriaux, seul le vol des oiseaux et des nuages portaient l'ombre de leurs ailes sur la terre.

Seul, le sifflement de leurs ailes osait perturber le silence céleste, jusqu'au jour où ........

Seul, il s'élança, casquette rivée sur la tête, écharpe blanche flottant au vent, dans l'immensité inviolée.

La pesanteur se faisait humble, aux manettes de l'oiseau blanc, le vent sifflait dans les haubans d'argent.

Il était seul Latham, chevalier sur terre et dans le ciel, seul parmi le vent et la brume côtière. Sa perception du monde d'en bas changeait, les perspectives s'abolissaient à l'ascension des nuages bleutés.

Il volait, oiseau de bois, de toile et de fer, maître de l'apesanteur, newton n'était plus, il était l'égal des dieux et des aigles, rien, non vraiment rien ne pouvait plus l'atteindre, là-haut si près des anges.

Il virait de gauche à droite, les mains agrippées aux manches de bois, seul le ronronnement saccadé du moteur Anzini le rendait un peu à la réalité.

Il était l'espace, le vent entre mers, terres et cieux, l'esprit d'Icare, des frères Wright, esprit de l'envol et de la destinée des hommes oiseaux.

Les hommes, maisons et pâturages lui semblaient si minuscules désormais, pourquoi donc redescendre, si ce n'est par manque d'essence.

Allons encore caresser le vent et courants ascensionnels de mes ailes immaculées, pensa-t-il, pour que le rêve se poursuivre, pour ne jamais oublié ce merveilleux sentiment de hauteur et de liberté...

Derrière ses lunettes embuées de l'émotion indéfinissable, il contemple, ému et ravis ce que très peu de gens ont vu avant lui.

Oh temps, saurais-je apprécier à sa juste mesure, ce temps béni des premiers pionniers de l'aviation...
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Il ne sent plus le vent humide sous son blouson de gros cuir, il ne sent plus que l'espace qui l'entoure, et ne vois plus que le bleu du ciel qui défile devant son hélice.

Le temps s'écoule trop vite, lorsqu'on côtoie les dieux, il du pousser le manche, l'ombre de l'oiseau mécanique se rapprocha du sol, sous le regard émerveillés des enfants du hameau des Baraques.

L'oiseau doucement  se posa sur la pâture, l'hélice s'arrêta, il ne rêvait plus de papillon, il était redevenu chrysalide.

Monsieur Latham, n'ira pas à Douvres, son bel oiseau l'Antoinette, s'est brisé les ailes dans la manche, faute d'une injection  capricieuse, ce 19 juillet 1909, laissant la victoire à monsieur Blériot.

Marc de st Point.

Marc de St Point dans Poésie.
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