CHANGEMENT

J’ai vécu au milieu des sourires falsifiés,

Quand très heureux, le pire, flétrit ses vérités.

On buvait notre thé, le petit doigt levé,

Nos mots étaient châtiés, nos cœurs étaient plombés.

On disait : « cher ami » même à un ennemi,

Pour être applaudi, on mentait, très polis.

Fleurir notre argent était dans l’air du temps,

Briser de gros bilans nous mimait conquérants.

Paraître indéfinis signait nos grands moments,

Trahir un affaibli nous rendait bien plus grands.

Chacun se régalait d’étaler ses brillances,

Et chacun se flattait d’avoir des connaissances.

Les noms étaient sonnants, les vacances à grands prix.

On avait de l’élan pour rire des démunis.

Un jour, j’en eu assez de porter tous ces leurres,

De n’être qu’un abonné aux défricheurs du cœur.

De croquer des moutons, de courber des genoux,

D’exploiter des dindons pour m`acheter des bijoux.

Dans un  carcan de fer, ils m’avaient enfermé,

Je voulais le grand air, mais plus du tout le blé.

Je devins insulaire pour vivre ma liberté,

Je devins ordinaire pour mieux me retrouver.

Je ne vis plus… près des sourires épinglés

Et le pire ne fait plus mourir mes vérités.

Si je dis «mon ami », c’est à mon chihuahua,

Mon chemin par magie, ne connait plus Juda.

Marc. 

 

 

 

ange dans Poésie.
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