Chauves souris et papillons...

CHAUVES SOURIS AVEUGLES ET
GROS PAPILLONS SOURDS.

Depuis des millénaires, le peuple des souris sest installé sous terre, et les papillons eux, ont colonisé les airs.

Mais la nature, elle, a voulu que les papillons naissent sourds, et les souris sans ailes.

Comme les unes, se nourrissaient de ce met délectable malgré leurs sauts désordonnés et leurs multiples efforts, les autres senvolaient.

Ce serait bientôt la famine pour elles.

Elles sont donc parties, consulter le vieux mage, qui vit au fond des bois.

Etant un peu sorcier, il pourra arranger ça...

Elles exposent leur cas, mais ce quelles ne disent pas cest à quoi elles destinent les ailes quelles viennent lui demander.

-Après tout, une simple paire dailes, cela nest guère méchant et peu très bien se faire.

Heureuses, elles repartent.

On ne trottine plus maintenant, on vole tout simplement. Alors, cest lhécatombe !

Un papillon par ci, un papillon par là, vite un petit coup daile.
Ce sera le régal !
Elles ont le vol feutré et eux, ils sont sourds !
Mais, pas aveugles heureusement.
Dès quils les aperçoivent : alerte générale.
Sauve qui peut, voilà les souris ! Et ça devient bien vite : sauve….souris ! Ca allait plus vite.

A lusage, les mots se déformant ce fut tout simplement : chauve…….. Souris !
Et le nom leur resta.

Cependant, comme elles volaient aussi vite queux et quils ne les entendaient pas, nos petits papillons comprirent que bientôt, ce serait la fin pour la corporation.

Le mage sétait trompé !

Il devait réparer !

Et ils partirent, du moins ce quil en restait, pour le consulter.

Lautre reconnu bien vite quon lavait abusé et quil allait, sur lheure, réparer sa méprise.

- vous, petites rusées, je vous laisse les ailes, à la seule condition de ne sortir quà la nuit tombée, de vos grottes souterraines.

- Et vous les papillons, resterez toujours sourds et ne volerez plus que pendant la journée.

Et la paix, désormais, régnera entre vous : jai dit !

A vivre dans la nuit, elles devinrent vite aveugles ne se nourrissant plus que de petits insectes volants, de moustiques ou de ces petits papillons de nuit qui se brûlent les ailes à la flamme des bougies, quon appelle éphémères, et dont la vie est si courte quelle ne dure que trois heures.

Andrée LORITANO

shambala.fred dans Poésie.
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