Cheveux emmêlés

Les cheveux emmêlés
Et le regard si pur,
Dans son jupon froissé
Mouillé de jus de mûre,
Elle courait vers la source,
Les pieds salis, griffés
Dans ses jeux et sa course.
Elle avait décidé,
La folle, l’ingénue,
La sauvage marquise
D’aller se baigner nue
Dans l’eau claire et exquise.
On entendait grillons,
Insectes bourdonnant,
Souffle dans les buissons
Et merlettes sifflant…
Le soleil se gavait
De son joli corps tendre
Et l’ombre tatouait
Sur sa peau, grains de cendre.
La belle, l’insoumise
Riait comme une enfant
Que la lumière irise
Et n’atteint pas le temps,
Éclaboussant coroles
Et grandes herbes folles,
Les graciles roseaux
Et même les oiseaux.
Dans les nénuphars blancs,
Elle plongeait pour surprendre
Dans leurs fragiles instants,
Grenouilles et salamandres;
Et ainsi chaque jour,
Les cheveux emmêlés
Et le jupon froissé,
Dans la fraîche eau qui court,
Elle venait l’ingénue,
Se baigner toute nue.

PAT dans Poésie.
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