Comme avant, mais différemment

Il avait garé sa voiture tout près d’un mur,

Dans un square délabré aux maisons écorchées.

Il venait au matin et repartait serein,

A l`heure où tous les soirs, les rêves nous font miroirs.

Bien assis dans sa Ford, il se sentait plus fort.

Il mangeait des éclairs et buvait de l’eau claire.

Il fumait, il chantait, il lisait, il pleurait.

Souvent les yeux fermés, longtemps il méditait.

Il avait négligé de régler un dossier,

Un énorme marché aux dorures étoffées.

On l’avait déclassé, harangué, licencié.

Depuis trois ans déjà, il se dérobait là,

Dans ce quartier pourri, aux ruines engourdies.

Comment aurait-il pu avouer en exclu,

Son honneur fracassé, son salaire glacé,

Et dire ses frontières à sa femme, à son père ?

Il rêvait d’un chantier qui ferait tout tomber.

De quelques policiers qui viendraient le trouver,

Le forcer, l’amender, lui dire de dégager.

Fauché,  il refuserait d’être manipulé,

Il se battrait, il crierait, il oserait,

Le mot boulet, le geste laid, le pistolet.

On citerait son nom à la télévision.

Un nom d’adulation, d’ambition, d’acclamation.

OUI

Il avait très envie de souligner encore sa vie,

Comme avant, mais différemment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ange dans Poésie.
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