Cul marron de nègre - poème homo-trash vidéo-lu.

Écrit par le poète et masseur queer homo-fréquencé Alain Cabello Mosnier de Paris.
Jeudi 14 septembre 2017 et vidéo-lu le 16 sep. 2017






PS : Les homos que nous sommes sont aussi les "nègres du sexe" façon Aimé Césaire ou le poète noir et homo-fréquencé James Baldwin. alors si le bon blanc est l'hétéro, invariablement hétéro alors, je suis le Aimé Césaire de cul, le James Baldwin des lunes infectieuses. Ce n'est pas un terme péjoratif mais un retournement sémiologique de lutte, gay versus noir, noir versus gay, même les poètes peuvent devenir plus noirs que leur peau, les culs plus noirs que leurs poètes, expérimenter des espaces d'expressions laissés vacants comme un chiotte laissé vide.

Texte intégral de : Cul marron de nègre

Cul marron de nègre
Cul marron de merde
Cul marron de maître

merde-nègre
merde-pègre
crépue au galbe calamistré
ampoule molle
et toi
raide comme un Peul & noir pareil à lui
tous ses par trop de ciels menaçants au-dessus de mon visage
ces nefs d'expressions qui te léchaient la lune
tes lunes qui jamais n'étaient les mêmes
ce que j'ai pu aimer ces nuits sans étoiles
ces astres crevés jusqu'à la déchirure

lunes qu'on appréhende
de celles qu'il faut bien respirer juste pour savoir comment ça sent
parce que si c'est beaucoup ça fait peur
une subordination par la terreur
puis profondes lunes qu'on nettoie
lunes qui isolent infernalement
lunes
qui presque toutes diffament

je deviens la vermine de tes puanteurs aux baies noires
ainsi je connais de toi le seul parfum qui vaille pour un homme
celui que tous ignorent,
celui de ton trou de basilic

Cul marron de nègre
Cul marron de merde
Cul marron de maître

ton prénom contient l’anagramme de ton cul
ton cul l’anagramme de ton prénom
anagramme de mes détestations feintes
de mes destinations furieuses

mon visage blanc est le Moaï de tes infernales îles de Pâques
Ô fils des Parques
qui me baise et qui me parque
dans sa fendue fente nue et dark

Quand tu te glisses dans mon lit
Tu es la nuit qui s'y installe le temps de tes mépris venus

avec force salope
le temps de ces sexismes récurrents
que toute pornographie rend destinatoire
par nécessité contrainte et ordinaire à toute inexistence
un décor théâtral pour une obéissance reconnaissante

et le nègre de toi
désormais devenu
promu en rute écartelé par nos perversions
le temps là aussi d'un sexo-racisme aux candeurs d’abbatiales
haineux-d'amour qui ne déteste que ton éloignement
observateur et varié de tes flores de nuit
qui me fait sombrer sous ta peau
pour n'en jamais remonter

esclave de lait assigné aux relents de tes aisselles talentueuses que tu aimais ordonner que je te lèche
et moi bien sûr, débile en ces constances qui me contaminais la bouche de tes industries baiseuses
exercions de Bosch
lixiviats thanatiques qui coulaient de nos morts sans passions


chacune de tes fesses
n'est rien d'autre que le rocher de mes funérailles
des ordures que tu y laisses et des mets que j'y trouve, et des offrandes que j'y fais, et des prières que je lance
à tes cieux poisseux et puants de contretemps accroupis

Cul marron de nègre
Cul marron de merde
Cul marron de maître

pourritures cémétériales, anse cryptique, curation à l'oignon forcé et exoré, locus d’infamie
je me nourri des endoréismes de tes aisselles
J'ai besoin de tes eaux mortes
de ces acidités cupides et vicieuses
De tes poids brutaux de négrier, de tes sexismes masculins et de mes a priori de blancs

Jusqu'à ce que tu ne reviennes plus et qu'il ne me reste que l'ombre de ton souvenir dont le corps avait la couleur
dont la couleur avait un corps constellé de fontaines qui sourdaient de ses partouts
tu es colonnes et robinets

Je suis bassins et bondes sur lequel se répandent tes eaux avant qu'elles ne disparaissent en mes entrailles

mon corps sur le tien
que tu aimais trouver échoué
avant de le repousser dans la mer de tes bas-ventres
accroché suppliant au bois-flotté de ton sexe

Porte-faix de tes charges de couilles
Bézoard testiculaire pour lesquels tu me demandais si ça sentait bon ?
Bien sûr, bien sûr que ces effluves faisaient
leurs tristes effets
de ton pubis prélé
brouté mais sans braies
plus tes cuisses s'ouvraient
plus tes noirs s'ambraient

Fouetté par ta bite
Puis retourné et hop
hop de ton cul passe au mien
Moi dessous mais toi au fond
pour un jet sans bavure
qui de toujours bouche ou cul
se dégotait un trou mal-fichu
la glisseuse et toute chaude chose coulait répandue de partout
et moi qui m'empressais de tout conserver comme un enfant détenteur d'un secret

Tu pourrais m'ensevelir sous des rochers de merde
des ventres de toi
des urines hauturières
même vivant j'y consentirai mourir

Cul marron de nègre
Cul marron de merde
Cul marron de maître

Je suis la page
Tu es la reliure
je suis sans âge
et tu es l'écriture
demi-chagrin et plein bonheur
sur le marché aux esclaves de notre érotisme
rangé en collection serrée
nourri aux mensonges de ces littératures
de romans de gares qui s'égarent
dans les bras d'un voyageur de la vie
qui aura baisé et qu'on oubli


Postscriptum : il est important de retenir pour l'histoire
que contre mon bureau il me baisa aussi tout pareillement

Cul marron de nègre
Par le poète queer homo-fréquencé Alain Cabello Mosnier
Jeudi 14 septembre 2017
Paris

Poésies queer dans Poésie.
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