Dans ma rue (fin)

Ce texte est une réponse à Dans ma rue de Hubert-Tadéo Félizé.
Dans ma rue

III

Puis vinrent les années terribles des guerres,
Des gens plus pensants halés la foule de la rue,
Scandaient et invectivaient les étrangers à notre vue,
Devenus par le temps nos propres amis et frères,

Ils avaient bitumés les pavés, couverts le sable
Et nos pas de nos mémoires effacées imprononçables,
Ma rue devenait muette, l’effroi se lisait sur les affiches
Placardées sur les murs délabrés de nos vices qui s’affichent,

D’aucuns pensent que les objets
Et les lieux sont inanimés.
Il fallait contempler ma rue
Quand elle était si nue,

Offerte aux regards des passants,
A travers les becs de gaz dansant,
Entre ombres et lumières du passé
Oh qu’il est terrible de changer,

D’avancer avec le progrès, ô laideur !
Des idées des tribuns qui vous mentent
Sans aucunes passions et vous tentent
D’une fausse révolution pour l’heure !

Puis un jour un poète et un voyageur
Vinrent à leur tour dans ma rue,
Croyez-moi ou désespérez de leurs
Arrivés, ils ont découvert et vu

Ma rue avec une toute autre poésie,
Le poète l’a contemplé dans son lit,
Comme une belle et jeune jouvencelle,
Le voyageur l’a admiré tellement belle.

Alors, quand je vous dis que ma rue
Est la plus belle, serait-ce mentir ?
Comme d’un tableau parnassien que j’ai vu
Et ces lieux sont animés d’un immense désir.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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