DE SUEUR ET DE SANG

A MON AMI

La tristesse menvahit soudain de spasmes violents, mes mains tremblent, et sous ma tête froide, se découvre ma chevelure imposante.
Qui est lhomme, cet homme malade qui ne souffrait jamais, le joueur de cartes jamais fatigué, tantôt lair gai, tantôt lair triste, le regard faible et froid qui séloigne.
Solitaire, dans son coin de bois mort, assis sous un ciel étranger, regardant les étoiles séloigner toujours un peu plus de son ciel, tel un étranger solitaire regardant au-delà du temps, volant tel un oiseau ivre vers sa forêt dorée, il fixe au loin lhorizon qui de jour en jour se rapproche un peu plus.
Où est lhomme qui souffrait en silence ? Il retenait dans sa douleur ce souffle libérateur sans sen apercevoir, sans le montrer, lui qui navait pas peur de la mort.
Après tout, cest dans la sueur et dans le sang que lon lutte pour survivre même, hélas, si parfois la bataille reste vaine…
Mon visage se ferme vers limage dun visage connu, vers un homme que la mort a vaincu, disparu sur un autre chemin, vers un destin lointain.
Dans mon profond sommeil, je ressens cette blessure, cette douleur que je lisais autrefois sur son visage.
Je le vois errer, tel un animal blessé, comme une bête abandonnée, chercher un trésor, tel un guerrier sanguinolent au revers dune autre guerre.
Soudain, il disparaît, je perds sa trace, et son pas résonne encore en ma mémoire livide. Je cherche encore au fond de mon cœur une trace de son passage sur cette terre
Lhomme malade repose son corps
Et ses yeux fixent le marbre mort et froid.
Il dort tel un enfant,
Sur son lit doré, comme une rose épanouie... 


Au fil de mes nuits tristes
Je ne sais plus si jexiste.
Je marche au-delà des nuages,
Je cherche un autre passage
Et mes actions se font pesantes
Mes pensées qui me hantent…

Je cherche au gré du temps
Une autre porte,
Une issue pour que je sorte
Vers un gouffre, un abîme, au fond des abysses,
Je vogue vers un autre univers, je glisse
Vers un ciel sans étoiles,
Et mon ego défile, tel un voile.
Cest comme un film qui se déroule,
Qui se déporte et qui roule
Sur un tapis de mousse blanche,
Et les arbres morts qui déploient leurs branches
Pour demander secours, trouver une âme
Consolante, la douceur dune flamme
Bienfaisante, et soudain ce vent qui memmène
Vers un autre chemin,
Vers un autre festin.

Cest la chaîne de la vie qui passe,
Et moi, pauvre mortel, tel un rapace,
Je vole, je tournoie au-dessus de ce ciel,
Cherchant en vain un refuge vermeil,
Je me réveille enfin, je crois que jai faim
Dun autre monde, dune autre vie, 
Je voudrais ne plus connaître lennui,
Et partir plus loin vers dautres lendemains... 






A MON FRERE...

Flétrissure obsessionnelle sur mon corps déchiré,
Réminiscences qui hantent ma mémoire blessée,
Seul, assis sur la tombe dun vieux cimetière,
Jai presque froid,
Je pense à toi.
Sous ce ciel gris de novembre, je te revois, mon frère,
Clown aux yeux marrons avec ta joie de vivre,
Je croise encor ton regard sur mon visage ivre.
Serait-ce tes larmes qui tombent de ce ciel si gris ?

Serait-ce toi qui hante ma mémoire aigrie ??
Est-ce ta voix que jentends parmi les pierres ?
Est-ce toi qui surgis parmi les lierres ?  
Cris de désespérance,
Je voudrais marcher sur les débris de la malchance,
Je voudrais tant croire en dautres histoires,
Jaurais tant voulu te dire mes pleurs et mes déboires.

Je te vois, seul dans lantre de ta terre,
Glissant sur les espaces du temps.
Tu ne me vois pas, et pour un instant,
Je te sens, là, par terre,
Allongé sur ton boulevard.
Ce nest pas par hasard
Si je suis là à tattendre.
Non, je ne suis pas en retard.
Je voulais tapprendre
Tant de choses.
Vois-tu les roses
Qui recouvrent ton domaine !
Qui sait où ton chemin les mène ??

Sous ce ciel gris de novembre,
Je suis seul sous mon ombre
Me cachant la vérité.
Je revois ta fierté,
Je lis dans ton regard
Quil y a eu tant de hasard.

Mais toi, seul dans lantre de ta terre,
Tu attends ton jour de gloire 
Pour boire lamer vin de la victoire.
Je suis là, seul,
Dans mon linceul,
Attendant toujours
La fin du jour... 
SOLEIL DAVRIL


Sous ce beau soleil davril,
Femmes éternelles nettoyez la poussière
Pour que la joie respire sur notre terre !
Secouez vos satins pour que vive la lumière !

S ous ce beau soleil davril,
Que mûrissent pour nous les plus beaux blés !
Que renaissent les plus belles fleurs,
Et que les hommes ne soient plus sans cœur !

Sous ce beau soleil davril,
Que silluminent encor dautres printemps !
Que senvolent majestueusement les goélands !
Que les mers soient chaudes pour notre plaisir !
Et que les enfants gardent leur sourire !

Sous ce beau soleil davril,
Que la lune brille dans son ciel,
Que les étoiles gardent leur couleur miel,
Que le soleil dans sa splendeur nous émerveille
Et que lunivers tout entier nous surveille.

Sous ce beau soleil davril,
Que naissent enfin des nuits de rêves
Pour quil ny ait plus de guerres
Et que les hommes fassent une trêve
Pour que notre terre gagne de la lumière.

Sous ce beau soleil davril,
Que les enfants pensent à la mer,
Quils prennent dans leurs mains les étoiles,
Quils naient plus peur de lavenir,
Quils guident leurs voiles,
Et quenfin, sous ce beau soleil davril,
Quils puissent sourire et rire
Car la vie ne tient quà un fil...




AVENIR



Hommes de fer, dhier et daujourdhui,
Hommes dacier du passé et de demain,
Dans les souffrances du jour et de la nuit,
Souvent avec des jours sans lendemain,
Sur des chemins qui vous ont menés a la guerre,
Vous qui souffrez de tant de larmes amères
Libérez en vous lamour et la joie
Pour que le monde ne connaisse plus l'effroi !

Que feront demain ceux qui devront marcher
Dans la poussière et dans la cendre ?
Auront-ils la force de descendre
Dans lantre de la terre pour chercher
Leur propre bonheur et leur trésor ?
Puissent-ils trouver au fond de leur cœur
Des pierres précieuses et de lor
Pour que disparaisse la peur
Et langoisse des lendemains dénaturés.

Sous la fraîcheur dun ciel azuré
Sous un univers à peine apeuré,
Au-delà des étoiles,
Ils tisseront leur toile,
Dessineront leurs rêves,
Feront une trêve,
Se prendront par la main
Pour errer vers dautres chemins…




  COULEUR ACETONE
Ce ciel si gris qui perce les nuages.
Est-ce le début de lautomne ?
Des gouttes qui perlent sur mon visage,
Les printemps qui mabandonnent,
Les derniers espoirs des étés dénaturés
De cette nature désespérée
Qui ravage les arbres mornes.

Terre ,mers et océans,
Où sont les goélands ?
Où vont tous ces bateaux ?
Que faire de ces oripeaux ?
Et autres mats de cocagne
Perdu en cette montagne ?

Pourquoi tous ces silences ?
Est-ce le temps où la pluie qui balancent
En vos remous les pensées des mortels ?
Je voudrais percer le secret de larc-en-ciel,
Me souvenir des couchers de soleil,
Partir ailleurs, bouffer de la terre nouvelle
Et boire les cieux à linfini
Pour trouver un goût de paradis.

Pourrais-je marcher au milieu des étoiles
Telle une araignée tissant sa toile ?
Je voudrais voler au-delà des continents
Pour ne plus connaître de saisons mortes
Essayant de toutes mes forces douvrir une porte
Pour que mon esprit soit toujours vivant.

Est-ce les couleurs de lautomne
Qui ravivent mon cœur de joie ?
Ah ! Couleur acétone !
Est-ce la pluie qui se rit de moi ?

Couleur acétone, 
Est-ce ce gris humide qui mimpressionne ?
Et mon corps entier frissonne
A penser encor et encor couleur acétone... 





RAISON DETRE 


Cest lodeur dun épais brouillard
Et le froid de la pluie cinglante
Qui fait mourir les nénuphars.
Cest mon esprit qui me hante,
Cest le vent et lorage qui ruine mon âme,
Cest cette lune noire qui dévore en moi
Ma chair meurtrie par tant de marasmes.
Le miroir sest brisé en mille endroits,
Et dans ma torpeur,
Je cherche un peu de chaleur.
Je cherche en vain mes envies,
Je voudrais retrouver un peu de vie
Pour que mon esprit séveille,
Pour que mes mains se réveillent.


Il faut que ma plume écrive
Des mots, des phrases, de la prose
Pour que les fleurs et les roses
Décorent pour un peu de temps
Le reste des saisons,
Dautres printemps ,
Un autre horizon,
Pour que renaissent dautres espoirs ,
Et que les passions à peine naissantes
Puissent vivre, éternelles, et pouvoir
Avec le temps assouvir leur soif pressante
Pour que lavenir ne succombe pas
Sous les coups des canons les plus bas...

Fleur immortelle venue de lespace sidéral, 
Jhallucine mes cheveux au grès du temps qui passe.
Je marche, je vole sur des plates-bandes spatiales,
Je me cherche, je prends mon envol tel un rapace
Emergeant aux confins des cieux abusés.
Je regarde sous ce clair de lune le ciel se débarrasser
De ses étoiles ,et mon esprit dégraissé a dégrisé
Ma vie, ma peine et mon passé.
Seul, assis sur le bord de mon lit,
Jen ai assez, je souffre,
Je plonge au fond dun gouffre
Sombre aux allures anoblies.

Me suis-je assoupi au tic-tac dune horloge malade ?
Me suis-je endormi tel un oiseau malade ?
La pendule de léternité suspendue à mon cou,
Cette fleur virginale venue de je ne sais doù,
Le temps qui passe a effacé mes souvenirs.
Les saisons ancestrales me feront-elles découvrir
Mes sensations dautrefois et mes sourires ?

Des gouttes de rosée qui perlent sur mon front,
Je reste assis sous lunivers, au fond
De ce cosmos délavé de lazur de son ciel.
Des pétales de fleurs éparpillés en vitrine,
Et je me gave de mots au goût de fiel.
Une rose épanouie qui séclate sur ma poitrine,
Du sang qui sécoule le long des murs de pierres,
Irais-je encor vers linfortune et la misère ?

Je voudrais traverser le temps
Tel un magicien lisant son grimoire,
Retrouver dans les sillons de ma mémoire
La réminiscence de mes pensées dantan.
Je voudrais voler aux éthers lointaines
Emportant avec moi mes douleurs et ma haine,
Je voudrais pouvoir regarder au clair de la mer 
Avec mes yeux dadolescent
Et mes rêves indolents
Sous la douceur des printemps et de primevères.

Lhorloge distille le temps qui passe,
Et mon corps, brûlé par tant de rapaces,
A laisser derrière moi mes pensées éparses... 

   

Du feu en mes entrailles
Qui brûle tel un feu de paille,
Tous ces oiseaux qui font ripaille
Tout au long de mes nuits fauves,
Le son dune musique lyrique,
Telle une oraison, un cantique
Qui sort des cuivres mauves.
De mon regard oblique
Je vois le soleil allumer lhorizon,
Enflammer les saisons.

Des étoiles qui flambent comme des allumettes,
Sous la lune à peine naissante des chouettes
Qui ululent sous les arbres morts
Sous lunivers qui dort,
Une planète à droite,
Des comètes à gauche,
Des astres qui se chevauchent
Et qui défilent à quatre pattes,
Qui se dilatent au contact
De lair.

Atmosphère
Trouble qui traverse cet univers,
Jai peut-être conquis une autre terre.
Mais au-delà de mes rêves,
Je fais ma trêve,
De lautre côté de mes délires,
Jai retrouvé mes sourires.
De mes mains malhabiles,
Avec laide de mon esprit,
Jai tracé ma vie
Dune encre indélébile.

Je fais une pause,
Je cherche des roses.
Jai enfin brisé le miroir. 
Jai pu y voir
Mes joies et mes peines,
Jai perdu mes rancœurs et ma haine
Dautres souvenirs se perdent dans la nuit,
J'oublie mes illusions et mes envies, 
Je fouille en vain dans ma mémoire.
Mes pensées sen vont au fil du temps 
Et je voudrais voir encor longtemps
Au bout des siècles et des saisons
Se lever le soleil et lhorizon... 

   SPLEEN


Explosion de couleur et de lumière,
Vivant aux confins dune autre terre,
Irais-je chercher au fond dun tiroir
Mes pensées et mes souvenirs ?

Je me balade dans la vallée de la mort
Pensant encor a ces chercheurs dor
Qui crurent en leur bonheur.
Le temps fait défiler les heures
Parfois de gloire et dhonneur,
Quelquefois dans le sang et lhorreur.

Et quand sen vient le soir
Avec son spleen et son désespoir,
Quand les visages se voilent,
Quand les masques se dévoilent
Et tombent aux pieds de nos lits,
Que reste-t-il de nos vies ?

Si nous parlions dautres choses,
Que faudrait-il pour que les roses
Refleurissent en mon jardin ?
Jen oublierai mes chagrins,
Je me demanderai enfin
Ce que deviendraient mes lendemains
Si soudain... 
Tu ne me prenais plus la main...







Du haut de ma tour divoire
Je pourrais y voir
Dans tes yeux des flammes
Qui brûleraient mes larmes,
Et sous ce ciel sans étoiles, si gris,
Des mots se cachent sous mon esprit.

Quand, dans mes rêves,
Au beau milieu de la nuit,
Jécoute mon ennui,
Jentends sur la grève
La mer chanter aux étoiles
Le chant perdu des sirènes
Jusquà en perdre haleine.

La lune cache son voile
De lumière a peine jaune,
Les astres se lèvent de leur trône,
Et sous lhorizon à peine tiédi,
La nature joue sa comédie
Sous le soleil de midi.

Sous ces nuages qui me dépassent,
Sous ces saisons qui trépassent,
Au-devant de mes yeux,
Sous un ciel joyeux,
Le soleil se couche enfin
Sur un jour sans fin,
Au déclin dun filet bleu,
Sous les astres décents
Que lon appellerai Océan...







   



Poussière détoile, poudre dange
Illumine ma vie de ton regard
Pour que le monde change.
Eclaire mon chemin de hasard
Pour que jévite le brouillard.
Est-ce la rosée du matin
Qui coule en mes veines malades ?
Est-ce le vent du matin
Qui me pousse sur la mer froide ?
Où vont ces bateaux ivres
Que lon trouve dans les livres ?
Que sont devenues
Les magiciennes
Et autres elfes pendus
Aux fenêtres persiennes ?

Enfant du matin, hisse la voile
Et vogue sous la lueur des étoiles !

Et toi, fée magicienne,
Princesse souveraine,
Sais-tu les couleurs de la mer ?
Sens-tu lodeur de locéan ?
Vois ! Regarde voler les goélands
Qui sen vont vers dautres terres !

Et toi bel enfant,
Que sais-tu des déserts ?
Vois cet arc-en-ciel !
Quy vois-tu en sa lumière ?
Que sais-tu des murs de pierres ?

Que tu sois fille du jour ou de la nuit,
Que tu sois fée ou magicienne,
Princesse ou reine,
Que tu vives ici ou au paradis,
Emmène-moi dans tes rêves,
Sur ton île déserte,
Sur la grève,
De ton île verte, 
Et je voudrais que de tes ailes
Tu viennes voler sous mon ciel… 





   
ENVIE


Je voudrais
Voguer, planer et voyager
Tel un papillon effleurant
De son souffle léger
La corolle de ses désirs latents
Et boire le nectar sacré
Des fleurs aux voiles nacrées.

Je voudrais
Errer ça et là au son dune musique
Qui sécoule au-delà de lespace,
Vagabonder au gré du temps qui passe,
Voler tel un oiseau mystique
Sous létendue sidérale,
Nager sur le cosmos en spirale
Pour voir la valse des étoiles.

Je voudrais
Briser mes sentiments amers.
Etre assis, seul, sous ce ciel,
Ne plus aller à lessentiel.
Jy ai brûler mes ailes.
Prés de la porte de lunivers,
La nuit brûle son encens,
La lune dévoile le parfum de la terre.
Jentends le bruit de locéan...


  NOSTALGIE

La nuit distille la rosée du matin
Sous sa robe diaphane,
A déposée ses vêtements endeuillés
Sous sa couronne de gloire insane
Et je cherche encor au gré du temps
Qui passe un endroit pour vivre
Comme on en trouve dans les livres
Pour inventer dautres printemps.

Un oiseau brûle ses ailes
Sur mon écran virtuel.
A-t-on déposé lamour
Au fond dun coffre fort
Fermé à double tour ?
Est-ce la nuit, est-ce le jour
Qui se consument à petit feu ?
Si la vie et la mort
Ne sont quun jeu,
Que le vent memporte
Sous un autre ciel,
Et que de ses ailes,
Quil mouvre une porte
Vers un autre univers,
Vers une autre terre !

Je voudrais que le soleil puisse briller,
Voir les étoiles scintiller,
Que la lune puisse encor
Eclairer la douceur de mon décor
Et pouvoir crier plus fort
Que les larmes et la douleur,
Inventer dautres couleurs
Pour que le temps et lespace
Laisse de la place
A ceux qui vont paraître
A ceux qui vont naître 
Des cendres brûlantes,
A ceux qui sortiront du néant, 
Et je pardonne à locéan...
Davoir déposé sur mon corps damertume
Une légère et douce pointe décume… 
   SENILITE    

Chevaux blancs, chevaux noirs,
Chevaux de batailles.
Au bout de la nuit, un manoir.
Des gens qui font ripaille
Ont oublié le devenir de leur terroir,
Exaltant leurs souvenirs de paille.
Une lune de sang qui flotte dans le ciel,
Un soleil sans couleur
Qui darde ses rayons démentiels
Sur les misères et les douleurs.
Sous ce monde qui séveille,
Un homme marche dans le brouillard de sa vie,
Couvert de cendre et de poussière
Par tant de chemin parcouru, par tant dennuis,
Poursuivi par les vents dhier.
Pourrait-t-il espérer retrouver son esprit ?

Chevaux de sang, crinières au vent
Faisant claquer leurs sabots dargent
Sur le sol poussiéreux
Laissant derrière eux
Tant de guerres inutiles,
Tant de fausses croisades,
Tant de batailles futiles.
Ces murs de pierres déguisés en façades
Pourront-ils protéger mon âme ?
Pourront-ils déceler lodeur insane
De la mort qui tournoie sur mon corps,
Tel un aigle blanc, un phénix couleur dor ?
Un aigle blanc sassied sur mes tourments,
Fond sur moi, vole sous mon firmament.

Cheveux gris, cheveux blancs,
Ma vie senvole avec mes souvenirs.
Des bruits de chants et docéan
Qui me parle encor dEmilie,
Ma compagne, mon amie.
Je sens ma jeunesse sévanouir,
Jai perdu la richesse de mes désirs.
Je ne sais plus rien du temps qui passe,
Tous ces gens qui magacent... 

Je me suis perdu au fond dun autre univers 
Je me sens seul sur terre.
Je voudrais retrouver mes sensations dautrefois,
Mes souvenirs dune fois,
Et je parts vers autres choses
Retrouver mon jardin de roses... 
     

SENILITE (II)

De mes pensées chimériques
Il ne me reste de mes rêves
Que des mots utopiques,
De douces notes de musique
Qui sécrasent sur la grève
Déserte.
Que restera-t-il de mon corps
Inerte
Quand le vent lemportera au dehors
Du cercle immatériel
Et rejoindra larc-en-ciel ?
Jai perdu ma mémoire un soir dété,
Jai rêvé
Aux champs de blé
Egarés.
Je cherche encor mon chemin
Au travers des brouillards malins.
Le temps a suspendu les aiguilles
De mon horloge malade,
Et je cherche en vain la fille
Qui fut longtemps mon amie.
Des débris de mon esprit fade,
De ce sang qui coule en mes veines malades
Il ne me reste que de vagues souvenirs
Enfouis sous les nuits de mes désirs.

Je bois
Au vent qui caresse ma peau,
A la pluie qui lisse les roseaux,
A la faible lueur qui éclaire ma vie,
A la fureur de mon âme et de mes envies.

Je bois
A ces larmes qui me brûlent les yeux
A ne plus voir les étoiles dans les cieux,
A cette grisaille qui se cache sous les nuages,
A cette vie sans âme et sans visage.

Quand sonnera le glas,
Quand se brisera le miroir
En mille éclats,
Quand mes pensées se disperseront
Et que mes mots se renverseront
Dans une rivière de diamants, 
Quand jaurais enfin atteint locéan,
Le vent memportera dans mon jardin
Jerrerai sous le doux secret du matin 
Et jattendrai avec sérénité
De pouvoir revivre une autre éternité... 




La pluie viendra bientôt me rafraîchir.
Je ne ressemble plus aux printemps dantan,
Le vent emportera mon corps patiné par le temps.
Je ne ressens plus ces mouvements intérieurs,
Je nentends plus le chant des oiseaux rieurs.

Je vis dans la haine, dans la peine et la souffrance,
Je voudrais retrouver les chemins de mon enfance,
Je ferais tout pour être en avance,
Je défierai lhorloge du temps en permanence.

De mon incandescent regard ,
Je brûlerai mes sentiers de hasard,
Je traverserais ces immondes brouillards
Pour me retrouver de lautre côté du miroir.
Tout tremblant de fièvre,
Dans mes envolées funèbres,
Je déposerai un baiser sur tes lèvres,
Je me réfugierai aux confins des ténèbres.

Perdu dans mes frasques poétiques,
Je cherche en vain des phrases prosaïques,
De sa chaîne, jai délié mon elliptique,
Il ne me reste que des mots nostalgiques.

Sous le doux murmure de la folie,
Jentends la voix de la raison.
Seul, assis sur mon lit,
Je suis perdu sous ce vaste horizon...





Recroquevillé tout au fond de mon lit,
Ce sont les angoisses de mes nuits
Qui font frémir mon âme et mon esprit.
Le ciel est mon berceau,
Les étoiles sont mes draps,
Les nuages mouvrent les bras,

Une poussière détoile dans lunivers,
Je marche au travers de la terre,
Lentement, sans baisser les paupières.
De mes pas dociles et nonchalants, jécrase
Les branches et feuilles mortes de lautomne.
Le vent chantonne gaiement une musique de jazz,
Et lécoulement rapide du temps mimpressionne.


Quand le temps passe plus vite que nos rêves,
Quand les secondes se font éternelles,
Faudrait-il faire une pause, une trêve
Pour que nos souvenirs deviennent réels,
Pour que la mémoire ne sefface pas,
Pour ne pas oublier douvrir nos bras,
Et ne pas rester seul au fond de nos draps ?


Sentir sur mon visage froissé les bulles de la pluie,
Voir partir les nuages de mon existence appauvrie,
Et dire encore en ma force intérieure,
Sans larmes, sans cris, sans douleurs
Que de cet homme qui dort,
Cest moi le plus fort...












Soleil blanc, soleil noir,
Un reflet dans un miroir.
Mon visage est perdu
Sous cet univers éperdu.
Je pars vers le cercle galactique,
Je voyage au-delà des mots magiques.
Je vais en deçà de mes délires,
Je cherche en vain mes sourires.

Le crépuscule compte ses astres morts
Sous le reflet de la lune qui sendort.
Mes rêves sévanouissent, se meurent,
Se mettent à genoux au fil des heures,
Et je pense au plus profond de moi
A tous ces silences qui brisent mon émoi.

Soleil blanc, soleil noir,
Je cherche en vain lespoir,
Je voudrai redécouvrir
Mes joies et mes envies,
Retrouver mes désirs,
Ecarter de mes folles nuits
Le désespoir et lennui.

De mes nuits sans sommeil,
De mes jours sans soleil,
De mon esprit en éveil.
Il ne me reste que ces jours tristes.
Il faudrait encor que le temps existe.

Mon cœur lourd et fatigué
Porte mes secrets de papier.
Sous la spirale de labîme,
Mon âme est suspendue au néant.
Je voudrais connaître le chemin de locéan,
Atteindre des montagnes la plus haute cime.

Sous mes nuits dangoisse,
Quand la tristesse me guette,
Sous mes nuits dangoisse,
Quand le soleil jette
Ses derniers rayons de lumière,
Alors je quitterai la terre,
Et je men irai... rejoindre la mer...



Doit-on sortir des mémoires
Les petites gens qui ont écrit lhistoire?
Devrions-nous écraser sous nos pieds
Ceux qui nous ont laissé sur les papiers
Lespoir de vivre une vie meilleure?
Resterons-nous là, à compter les heures?

Regarderons-nous les géants
Se parader sur les océans?
Et ceux qui se battent à corps et à cris
Devront-ils épargner leur vie
Pour une parcelle de terre,
Pour un bout de mer?

Pouvoir exorciser ma peur
Sans mettre un genou à terre,
Oublier de ce monde les douleurs,
Penser à ne savoir que faire,
Espérer savoir où est le futur,
Et détruire en nous ces murs.

Brûler mes nuits de sang,
Brûler mes jours absents,
Je respirerai lair du matin,
Je ferais de la vie un festin,
Je marcherai vers dautres chemins,
Je chercherai dautres lendemains.

Sur une plage abandonnée
Tout au bout de larc-en-ciel,
Une main ma donnée
Des étoiles couleur miel.
Du murmure des flots
Aux cris des oiseaux,
Ce sont mes nuits qui me libère
De mes silences solitaires.

Au grès de mes fantaisies,
Je regarde tomber la pluie,
Je chanterai tel un trouvère,
Jécrirai dautres vers.
Papillon de chrysalide,
Vole sur mon âme,
Sur mon esprit livide,
Dépose sur mon coeur
Un peu de bonheur,
Donne-moi cette flamme
Qui réveillera mes frasques poétiques, 
Qui effeuillera cette fleur mystique... 





COULEUR D ENFANCE


De mes yeux couleur denfant
Je voudrais voir le monde comme avant.
De mes yeux couleur denfant,
Je voudrais encor rêver à locéan.
Avec mes yeux couleur denfant,
Je voudrais être prince adolescent.

De mes yeux couleur denfant
Mes souvenances senfuient au coeur du temps,
Réminiscences du passé et du présent.
Pourrions-nous brûler de lencens
Avec nos yeux couleur denfant?
Porterons-nous un autre regard en grandissant?

Avec mes yeux couleur denfant,
Entendrais-je le son de loliphant
Sous la grisaille de la mer se pliant
Sous les coups des vents rugissants?
Avec mes yeux couleur denfant,
Je voudrais que le monde change en vieillissant.

De mes yeux couleur denfant,
Je voudrais voir dautres soleils couchants,
Voler sur un cheval aux ailes dargent
Sur les sables dor, crinières au vent.
De mes yeux couleur denfant,
Ne plus crier au désespoir, sortir du néant.

De mes yeux couleur denfant,
Des images de douceur se ruant
En mon esprit brûlant,
Il ne me reste quun lent
Ecoulement du temps,
Des saisons comme des printemps.

De mes yeux couleur denfant,
Je voudrais écouter dautres chants,
Sentir les arômes des blés odorants,
Humer les bouquets odoriférants,
Et de mes yeux couleur denfant,
Suivre le chemin... en courrant...





Seul dans limmensité de la vie,
Je voudrais briser mon ennui,
Déchirer en moi ce voile
Qui brûle les étoiles.

Seul dans le désert de la vie,
Je voudrais que sarrêtent ces bruits,
Je voudrais que le temps lacère
Ces nuages gris de misère.

Lhorloge qui résonne,
Les heures qui sonnent,
Mon corps qui frissonne,
Ce long silence métonne.

Existe-t-il encor en ce monde
Ne serait-ce quune seconde,
Des fleurs éternelles,
Des roses couleur miel?

Je men irais vers ces terres lointaines
Doù jaillisse leau des fontaines.
Je fuirais vers ces îles incertaines
Doù jadis chantaient les sirènes.

Jattendrais que les feuilles dautomne,
Tombent de leurs arbres, tourbillonnent
Au grès des vents mauvais,
Au souvenir des siècles passés.

Jen ai perdu de mon esprit
Mon intensité,
Jai déposé
Les larmes de lennui
Sur mon manuscrit.

Mes mains sont fatiguées,
Mes doigts sont brisés.
Ah! Douceurs amères!
Jai perdu le chemin de la mer...





Lune de fiel, lune de sang,
Des traces sur locéan,
Des étoiles éternelles
Sous mon esprit irréel,
Dans le ciel de mes mains
Qui se savourent tel un festin,
Qui filent vers leur destin.
Des cendres des souvenances lointaines,
Il ne me reste que que mépris et haine.
Du dédain en ma mémoire,
Des débris de gestes malhabiles
Au fond dun gouffre noir
Marqué dune encre indélébile.

Le temps glisse au bout de mes doigts,
Tisse sa toile à lenvers, à lendroit.
Jouvre la porte de lunivers,
Je traverse une autre atmosphère.
Je voudrais menfuir
Avant que ne souvrent mes blessures,
Je voudrais fuir
Avant que mes mots ne deviennent brûlures.

Jécrirais encor dautres mots damour
Que je déposerais sur papier velours,
Jécrirai dautres phrases sur un parchemin usé,
Ne plus écouter ces paroles qui magacent,
Ne plus écrire sur du papier qui se froisse.
Et sur mon visage terne et dégrisé,
Je sens ces senteurs océanes
Sans fin envahir mon âme.
Ah! Que cette fleur point ne fane!
Je voudrais changer le fil de mon histoire,
Sortir cette vie de ma mémoire.
Je voudrais traverser le miroir,
Pouvoir retourner en arrière
Pour oublier toutes les misères.
Un sourire oublié
Sur un papier usé.
Ces pensées étranges
Qui me hantent!
Un regard que rien ne dérange,
Une fleur qui menchante.

Un visage dans les nuages,
Aurais-je encor le courage?
Trouverais-je en moi encor cette rage
Décrire des rimes de mes mains fatiguées?
De mon coeur amer, sur mon corps déployé,
Il me manque le bruit de la mer... 

Petit elfe dessence divine
En habit de crinoline,
Imprime mon futur,
Soigne mes blessures.
Longs sont mes chemins de souffrances,
Mes muses pleurent en silence,
Levant les yeux vers les étoiles,
Et malgré ces sourires pâles,
De leurs ailes déployées,
Soignent mes larmes agacées.

Aurais-je laudace de fuir ?
Pourrais-je encor partir
Loin de ces bruits, de ce tumulte ?
Je me reposerai sous des huttes
De paille brodée
Détoiles dorées,
Et sous mon oreiller,
Jaurais souvenir dun parfum
Abandonné,
Jaurai souvenir dun sourire
Abîmé.
Je marche sur des chemins
Détrempés,
Pour retrouver mes rires.

Au doux matin qui se lève
Sous ce ciel si gris,
Ces pauvres arbres rabougris
Qui se meurent, le vent se lève
Sous cette brume éphémère,
Je continue mon voyage en solitaire.

Au faible regard de la mer,
Sous cette faible lumière,
Aux confins de locéan,
Sur cette mer de sang,
Où vont tous ces bateaux bleus
Qui se reflètent sur lazur des cieux ?
Où vont ces bateaux blancs
Qui glissent au fil de leau?
Où vont ces oiseaux
Qui caressent de leurs ailes
Les nuages dans le ciel?
A mes pieds, cest le silence,
Cest la nuit, cest labsence
De la mer sans fin,
Cest lombre dun parfum
Que lon oublie,
Puis soudain, cest la nuit... 


EFFET DE MER

Que de hasards! Que daléas!
Ma chair est triste, hélas!
Les oiseaux sont ivres
Parmi lécume des cieux!
Dans mes livres,
Je cherche dans les cieux
Dautres nuages,
Un autre voyage.

Devant ma page blanche,
Mon visage livide
Glisse sur ma planche
A dessin, et jinvente
Dautres chants
De ce que la mer chante,
Des notes docéan.

Oh! Nuits!
Labsence de vos clartés
Mennui.
Labsence ce vos clartés
Me désuni.
Je pars, je lève lancre
Vers la vie.
De ma plume
Séchappe cette encre
De brume.

Ah! Que dorages!
Ah! Que de naufrages!

Jentends le son mélodieux de la lyre,
Je respire le doux parfum de la myrrhe.
La flamme projète son ombre sur mon front pâle,
Jai peur de mes larmes enfantines, jai mal
De mes tourments dantan,
De ces mouvements du temps.

Lavenir me glace dun bonheur perdu,
Je cherche refuge auprès darbres imprévus.
La dernière fleur délivrera son parfum,
Jirai vers dautres destins.
Je menivrerai de cette riche harmonie,
Et demain, je recommencerai...cette cérémonie...



PAS FACILE...LAVIE...

Cétait pas si facile
Décrire des mots limpides
Sous cette pluie acide
Qui brûle mon visage.
Cétait pas facile
Du ciel de vider les nuages.

Cétait difficile
De déposer les armes
En essuyant les larmes
Des enfants démunis.
Cétait pas facile
De piéger ces froides nuits.

Cest pas si facile
De voir ces enfants perdus
Tanguer sur locéan, pendus
Sur des mâts de cocagne
Cherchant refuge en ces montagnes.

Cest pas facile
De trouver dautres chemins,
De partir vers dautres destins.
Cest difficile
De faire chanter la mer
Et de partir en solitaire.

Cest difficile
De faire danser la terre,
De changer des cœurs de pierre.
Cest pas facile
De marcher dans la poussière,
De ne plus apprendre la guerre.

Cest pas facile
De sortir de labîme
Quand rien ne nous anime.
Cest pas facile
De sortir du sommeil profond
Quand lon touche le fond.

Cétait difficile
Décrire ces quelques rimes,
De mimaginer dautres îles.
Cest pas facile
Des arbres den atteindre la cime.

Je suis ébranlé sous la brume,
Et sous la forêt qui senfume,
Sous la lune qui sallume,
Cétait difficile pour moi
De trouver un éclair de joie.

Cest triste lennui,
Cest pas facile, la vie...
Non, vraiment pas facile
La vie...


SOUVENANCE


Jai défait les draps
De mes nuits glaciales.
Jai défait les draps
De mes aurores boréales.
Jai déposé mes vêtements
De lin aux pieds de mon lit.
Jai brisé la pierre de mes serments,
Jai perdu les rêves de mes nuits.

Je marche vers les cyprès
Qui se dressent vers le ciel,
Vers ces arbres éternels,
Vers ces nuages si vrais.
Jen oublie cet univers si gai,
Je vais vers ce cimetière
Où tu te reposes en paix,
Toi, mon ami, mon frère.

Je revois encor ce triste paysage
Sous cette grisaille intense,
Je voudrais tant tourner la page,
Et de la vie, en deviner la danse.
Voir ces fleurs déjà fanées,
Soupçonner les odeurs
Des chrysanthèmes abîmés,
En dévoiler le secret de leur senteur. 

Jentends encor les éclats de rire
De tes joies enfantines,
Je cherche dans mes souvenirs,
Ces fugues libertines. 
Combien sont tristes ces soirs dhiver,
Seul, au coin du feu quand je respire
Lombre de mes pensées amères,
Me perdant au fond de mes soupirs.

Que de détresse! Que de désespoir!
Me souvenir de toi, de tes espérances,
Souvenance de tes passions rares,
Je cache en mon coeur mes souffrances.

Vois! Cette étoile qui brille
Dans le ciel de mes nuits!
Tu es cette étincelle qui oscille
Dans le creux de mes mains
Pour que je nen perde le chemin,
Pour que point je ne vacille...
MATIN DHIVER

Sous les reflets des brouillards dargent,
Sous cet épais manteau blanc
Qui recouvre la terre,
Quand le temps se fait lent
Sous ce froid matin dhiver,
Quand dansent les flocons de neige,
Quand senvolent les grives
Des neiges, sur ces arbres de givre,
De pauvres oiseaux ivres se protègent
De ce froid infernal, de ce sortilège.

Vois! Ces migrateurs qui de leurs ailes
Dévorent les nuages, semparant du ciel!
Derrière ces vieux chênes
Aux feuilles couleur débène,
Je cache à mon esprit brûlé
Des bribes de souvenirs éparpillés
Dans ma mémoire encor fragile.
De ces peupliers, qui se dressent, inutiles,
Il ne reste que quelques troncs malades.
Ah! Que lair est froid sous ce paysage si fade!

Sous les limbes de lunivers,
Je marche sous cet air gelé,
Et sur les chemins de terre
Javance de mes pas agités.
Si jen appelle vers ces montagnes,
Doù me viendra le secours?
Pourrais-je voir du haut de ma tour
Se coucher dans sa splendeur le soleil?
Pourrais-je encor voir ces étoiles de miel
Derrière le reflet de ces montagnes?

Ah! Matin dhiver!
Je verrais sous la lune pâle
Séteindre les étoiles.
Le jour triomphe de la nuit,
Le soleil se rit de la lune,
Et moi, seul sous les dunes,
Je voudrais me mettre à labri
De ce froid glacial,
De cette saison hivernale.
Ah! Triste matin dhiver!

Quand le jour sonne le glas,
Quand vient le soir, je suis las
De tous ces tourments.
Sous ces arbres blancs,
Je voudrais tant soigner les blessures,
Pour que les nuits banales
Sur cette terre se font plus sûres,
Et que notre vie se poursuive,
Que les enfants puisse vivre,
Que la terre continue... sa course ancestrale...  




Des sentiments de fausses gloires
Pour combler quelques rares victoires.
Un peu dorgueil pour cacher
Nos misères, essayer de marcher
La tête haute dans les malheurs,
Et malgré tout, trouver dans le bonheur
De la joie pour nos âmes,
Oublier ces sentiments infâmes.

Retrouver les sourires perdus,
Ne pas ressembler aux fleurs qui fanent,
Ne plus penser à ces labeurs qui nous damnent.
Ne plus avancer à pas perdus
Vers le sable de mer .
Ne plus se sentir blesser
Au plus profond de la chair,
Ne plus être brisé.
Rechercher un nouvel espoir,
Voir au fin fond du miroir.
Je voudrais fouiller ma mémoire
Pour y retrouver quelques souvenirs,
Oublier ces silences qui nous font gémir.
Oh! Combien sont longues mes nuits!
Comment briser les liens de lennui?
Comment retrouver nos rires?

Ah! Ces souffrances qui magacent!
Ah! Ces errances qui me glacent!
Elles me conduisent au plus profond
De mon jardin secret, au tréfonds
De mes batailles, de cette guerre
En mes entrailles, de cette terre
Si fragile, telle une statue
Aux pieds dargile, tel un coeur mis à nu.

Un peu despoir sous le soleil
Qui réchauffe mon corps,
Ces oiseaux qui samusent dans le ciel,
Pourront-ils me donner un peu de réconfort?...







LAUTOMATE.

Une barrière, un corps qui se déchire, telle
Une page dun livre mort qui vole vers le ciel,
Londoiement dun oiseau sauvage
Qui senvole vers un autre paysage.

Mes pensées séparpillent,
Mes yeux sécarquillent
Sur la surface miroitante,
Sur ces reflets dargent,
Sur ces remous docéan,
Sur cette mare affligeante.

Je marche sur la rivière gelée,
Emportant avec moi
Le reste de mon esprit emmêlé,  
Emportant avec moi
Mon âme fébrile et craquelée.
Comme un pantin défroqué,
Je déambule dans la rue,
Presque nu et décoiffé.
De mes pas métalliques,
Javance dans cette cohue,
Jentends ces rires ironiques.

Mon masque se fragilise sous ces rires
Moqueurs, mes gestes sont lents, mon sourire
Se fige. Cette nonchalance désespérante qui mécrase,
Me paralyse. Mon coeur déambule devant ce paysage
Humain. Suis-je un monstre de foire trop sage?

De ce regard immaculé,
De mes mimiques inaltérées,
Je rassasie ces badauds assoiffés,
Qui se régalent de mes pantomimes
Tantôt gaies, tantôt tristes, de cette mine
Pathétique, de cet aspect gris
Comme un ciel de novembre.
Gris comme les nuages de décembre.
Ah! Doù viennent tous ces cris?
Doù viennent ces clameurs?
Est-ce le réveil de mes douleurs?
Ah! Comme je voudrais que la pluie
Vienne lavée mon âme obscure!
Quelle me délie de mes blessures!
Que vienne vite la nuit me libérer
De mes obstacles journaliers
Pour que cessent enfin...
Mes jours... Sans fin...


Eclat de rire, poussière dargent,
Au fil des siècles changeant,
Je tends mes bras vers les cieux.
Je voudrais saisir de mes yeux
Limmensité de lunivers,
La beauté et le bleu de la mer.

Ecouter le silence,
Le bruissement du vent
Doux et léger qui balance
Les branches des arbres ballants.
Regarder passer les nuages
Tel un défilé atmosphérique,
Pouvoir partir en voyage
Vers ce cosmos féerique,
Terrasser les monstres maléfiques,
Trouver la sagesse des déesses elfiques.

Assez de peines, de haine et de tourments!
Il faut tourner les pages de lhistoire,
Explorer dautres firmaments.
Fini, stress, angoisse et déboires!
Il faut trouver dans les étoiles
La lumière qui sauvera lhumanité,
Chercher sous la lune ce voile
Qui brisera la misère,
Trouver la paix et la sérénité
Pour que le monde soit meilleur,
Pouvoir enfin trouver le vrai bonheur!...












SOUVENANCES


Un murmure
Pour apaiser mes sanglots,
Une armure
Pour me protéger de ces flots.

Un espoir
De voir les couleurs de larc-en-ciel,
Un hasard,
Si je menvole en me brûlant les ailes!

Dun regard,
Je caresse les ombres secrètes de la nuit.
Des nénuphars,
Jen respire les senteurs enivrantes de la vie.

Ah! Douceur enchanteresse!
Ö! Soirs divresse!
Après tant dannées derrance
Et de diverses souffrances,
Jai retrouvé les sentiers de mon enfance.

Te souviens-tu de ce chemin
Qui nous menait vers la fontaine?
Te souviens-tu de ces marches lointaines?
Vois! Ces arbres, ces sapins
Aux allures éternelles
Qui sélèvent vers le ciel!

De mes frasques enfantines,
De mes fugues libertines,
Il ne me reste que quelques miettes
En mon esprit brûlé,
Et je continue ma quête
En écrivant quelques mots éparpillés.

Ah! Ces reliques infernales
Qui me reviennent en mémoire!
Chronique dune épopée triomphale,
Je rêve encor a ces jeux barbares.

Les arbres jaunissent sur la place,
La vieille église abandonnée se glace,
Il ne reste que quelques ruines
Sur le carreau de la mine,
Et le petit train qui berçait mes nuits
Sest éteint aux douze coups de minuit...


Des nuages me prennent la main,
Mentraînent vers ces amas
Détoiles, sur un autre panorama
Etrange pour moi, tellement lointain.

Le ciel me semble être un chapeau
De glace, un couvercle de fer
Qui recouvre de sa froideur la terre.
Ah! Cette sueur qui glisse sur ma peau!

Je suis un fruit que lon cueille en serre
Trop mûri par la lumière du soleil,
Plutôt amer, sortant de mon sommeil,
Emportant avec moi mon âme de verre.

Je sèmerai des graines déternité
Tels ces chênes et platanes centenaires,
Le vent emportera les feuilles ordinaires
Vers dautres champs, sur dautres prés.

Moi, prisonnier de lombre,
Je voudrais quitter cette violence,
Je cherche quelque délivrance
Dans ce monde cruel si sombre.

Je voudrai tant descendre
Au plus profond de mon âme
Pour voir brûler cette flamme,
Pouvoir enfin renaître de mes cendres.

Je cherche mon salut dans la fuite,
Sous ces nuits qui mont pâli,
Et sous les draps de lennui,
Je continue ma veine poursuite.

Jécoute ces chants trop élaborés
Pour le vide étiolé de cet espace,
De cette opacité si tenace,
Je cherche encor un jardin doré.

Je men irai, moi, le cinquantenaire
Vers dautres terres, dautres îles,
Jirai boire leau des oasis tranquilles,
Jirai sous lombre des arbres séculaires.

Je voudrai rêver aux vagues de locéan
Et avant que je ne me recouche,
En attendant que le soleil se couche,
Je repartirai lentement vers le néant...


DE SUEUR ET DE SANG


Est-ce dans la douleur et dans le sang
Que je verrai la couleur de locéan?
Est-ce dans lespace et dans le temps
Que je continuerai ma quête?
Je repartirai à la conquête
Dun firmament étoilé,
Vers ces étoiles dorées.

Quand la sueur se mêle au sang,
Lorsque me reviens cette fougue dadolescent,
Que faudrait-il que je fasse
Pour que je brise cette carapace?
Il pleut en ma mémoire,
Et quand vient le soir,
Jallumerai

m.dominique0153 dans Poésie.
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