Duel en foorêt

DUEL EN FORET


Il est parfois des choses que lon ne comprend pas lorsque lon a gardé son âme denfant. Lon voit les choses autrement quand tout sen va, quand lamitié enfreint les lois de la vie.
En me promenant en forêt, un soir dautomne, quand le soleil sest couché, jentendais des voix étranges et bizarres. Cétait des voix graves, si graves quon les entendait de loin.
Je mapprochai lentement dans les sous bois, et je my cachais. Ce qui mattendait était plutôt surprenant. Un rassemblement darbres plus beaux les uns que les autres se disputant lautorité forestière. Qui dentre eux serait le roi de la forêt ?
Ils se disputaient si férocement que lon entendait leurs grognements aussi loin que léchos le permettait. Larbre de la ville sapprochât, et courbant ses branches fragiles,
prit la parole. Il dit à peu près ceci :
<< Jétouffe sous cette masse de béton, sous cet amas de verre et de ferraille, enraciné dans de largile et de la mauvaise terre, et de plus, je respire les gaz nocifs de la ville>>.
Le grand chêne de la forêt pris à son tour la parole et sexclama :
<< Je suis le roi des arbres, je respire cet air si frais. Javale la poussière, je redonne de lair encore plus frais. Je sors victorieux de cette bataille infernale, de ses grands espaces je reste le maître, et de ses lieux jen suis et jen resterai le gardien >>.
Larbre urbain sen alla tout penaud faisant excuse de cette incursion, mais en son fort intérieur, il se mit a rire. Pourquoi riait-il soudain de si bon cœur ? Je me posais longtemps la question, et soudain je compris pourquoi. Il pensait au triste sort de cet arbre orgueilleux. Combien de temps lui restait-il à vivre ? Ah ! Si bûcheron lapercevrait, il serait abattu, puis serait transformé en quelque meuble ou en table de salle à manger. Sa vie serait comptée. Larbre urbain sen alla plus vite encore retrouver sa place. Là, au moins pensait-il, personne ne sintéresserait à lui. Il finirait sa vie, admiré malgré tout par quelques enfants curieux. Voilà pour cette histoire. Lais-je rêvée ? Peut-être.

Je me régale de cet instant, me couchant au pied de ce chêne, profitant de cet air si doux, goûtant à cette sieste savoureuse doù dit-on lon ne revient jamais…

m.dominique0153 dans Poésie.
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