Le Capitaine

Pas mille corsaires aussi vifs que lui
Pour attenter aux vaisseaux gigantesques
Armés pour Dieu ; ainsi dérivait-il en arabesques
Autour d'eux, ses feux jaunissant la nuit.
D'obscures impressions, en la morne saison
Où la flibuste est une romantique fresque,
Couvrent la mer qui n'en connaît au fond
Qu'en ces instants de grand-messe.

Il s'ancrait en tous ports
M'enant à volonté les hommes de Neptune,
Son destin lié au vœu d'une lune
Ronde et pleine au-dessus de leurs processions -
Les laudateurs de sémaphore.

Les blondes de Cardiff se disputaient pour des prunes
Son lit aux Noires des Antilles,
Dans le dénuement s'amarraient chacune
A la moiteur des cabines à écoutilles
Où se buvait la brune et s'ébattaient les filles.

Mais sur l'eau, sur le gris de la houle qui soulage,
Les mutins las se soûlent et cillent,
Sortent leurs sabres en défiant l'orage
Et provoquent les beaux diables dont ils veulent les têtes :
Frondant les vents porteurs
A l'assaut d'un rivage
Ils crachent sur les instincts de peur
Et chantent à tue-tête.

olivedzep dans Poésie.
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