Èches

Contemple la lumière du néon roi
Jusqu’à en perdre la vue, trouble
La vision de ne plus savoir de toi,
Ce que tu erres, et de ton double
Lui-même hameçonné à l’èche
De ton cœur ; et tu te pourlèches
De tes doigts affamés, tout cela
Fait partie de notre mécanique, tu vois,
Ce tout et ce rien, et même sous ce toit,
Aux graffitis de nos veines, et au-delà !

Au lieu de voir notre lumière dans
Les ténèbres de nos pensées,
Au lieu de ressentir dans ce peu de temps
Qui reste de nous-même, notre été :;
Nous nous déchirons dans des drames inutiles,
Pleurant sur les èches enfoncées dans nos doigts,
D’avoir trop caressés la surface si futile
De nos cœurs, sans en avoir cherché sous ce toit
Toute la quintessence même de l’âme,
Les maux n’ont pas gain de causes, ô drames !

Ils chuchotent, ne les entends-tu pas,
Sous notre épiderme, sous nos pas,
Chancelant, quand la prophétie semble
Nous gagner, nous abandonner, alors je tremble
D’une pensée, je m’accroche à l’èche
De ton corps, m’agrippant une dernière fois
Aux courbes de ton corps, la flèche
De cupidon planté dans mon cœur, ô roi
Des amours incompris dans ce silence
Qui danse pour unique appétence.

Alors je danse, dans la mémoire oubliée
Quand vient l’ami Alzheimer,
Alors je danse, dans ma mémoire suppliée
En attendant que mon cœur se meurt.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
- 60 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.