En baie de Somme

La laine blanche, semblant danser
Dans l’heure de nos étés défunts,
Me rappelait que poussaient des baies
A chaque haie pour nos festins.

Dans l’air agréable d’un dimanche,
Nous jouons dans les écumes déferlantes,
Entre deux rives de la Manche,
Ici, en baie de Somme, Ô brisante !

Au loin, les moutons gambadaient
Sans se soucier de notre éternelle
Jeunesse, déjà à l’apogée
De nos heures d’adultes fortes et belles.

Où vont s’ébattre les baisers perdus,
D’une rive à l’autre, claque la langue,
Comme l’on croque dans une mangue,
Aux effluves de nos mains tendues.

Et, juste au-dessus de nous, je contemplais
Le ciel couleur de lait, où s’abandonnaient
Moutons éparses et cotonneux,
Poussé par un zéphyr bienheureux.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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