Être enculée...

Tes pognes de lutteur nimbées de poils et d'encre
Je ne les veux, amour, légères  à mon cou
Que lorsque la nuit vient jeter sur nous son ancre
Et que tes muscles durs autour de moi se nouent.

Je te contemple alors avec des yeux de vierge,
Lissant le chanvre ras de ton front de bagnard,
Et ton sexe endormi, rêveuse fleur des berges,
Songe à des culs ouverts qu'embrasent le cagnard!

Me veux-tu mon amour sous le ciel de l'afrique
Calcinée jusqu'à l'os tel un château vaincu ?
Autour de ton bras fort me veux-tu faible et nue
Me veux-tu Ophélie dormant sous les colchiques ?

Tes pognes de Caïn si fortes et si dures,
Pesantes sur mon corps comme un ciel d'ouragan,
Tes pognes tatouées de dragons et d'enfants,
Qu'elles écorchent ma peau comme une aube de bure!

La branche d'amandier qui jaillit de tes lèvres,
Et verse sur mon cul des pleurs de rose-thé,
La houle de mes reins et toi, d'un bond de lièvre,
M'enfonçant jusqu'au cœur ta pine diamantée!

Bondit sur mon corps nu, mon torrent de montagne !
Dévaste-moi d'amour jusqu'au jour expirant,
Qu'éclaire ses rayons une femme cerclant
De ses bras de blé doux son amant de cocagne!

Emmanuel dans Poésie.
- 1123 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.